Initiée au Costa Rica en 1987, la journée internationale d’action pour la santé des femmes qui se tient ce jeudi 28 mai milite pour un meilleur accès aux services de santé. Un combat qui résonne particulièrement dans le contexte actuel de la pandémie Covid-19. Hausse des violences conjugales et des excisions, accès à la contraception compromis… Les associations et ONG alertent sur les inquiétantes répercussions sanitaires pour les femmes. 

Outre les conséquences directement imputables au Covid-19, et bien que les femmes soient a priori plus résistantes au virus, l’actuelle crise sanitaire a de nombreuses répercussions sur la santé des femmes. Fin avril, l’agence des Nations Unies a publié un rapport pour alerter sur les risques d’accès restreint à la contraception dans le contexte de l’épidémie de Covid-19.

Systèmes de santé surchargés, ensemble limité de services aux femmes et aux jeunes filles, examens médicaux importants non honorés par crainte de contracter le virus…. « La pandémie accentue les inégalités et des millions de femmes et de filles supplémentaires risquent désormais de perdre la capacité de planifier leur famille et de protéger leur corps et leur santé », a averti la Dre Natalia Kanem, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP).

L’étude a été réalisée dans 114 pays du monde à faibles et moyens revenus. Selon les estimations, 7 millions de grossesses non désirées devraient se produire si le confinement se poursuit pendant 6 mois et si les services de santé sont fortement perturbés.

2 millions de fillettes supplémentaires excisées au cours de la prochaine décennie

Un rapport de l’ONG Plan International publié à la mi-mai fait état de l’explosion des mutilations génitales féminines (MGF). Bien qu’illégales dans de nombreux pays, les excisions (ablation partielle ou totale des organes génitaux externes féminins, ndlr) restent massivement pratiquées sur les jeunes filles et le plus souvent dans des conditions insalubres. Elles restent malheureusement fréquentes en Afrique, notamment en Somalie, où 98% des femmes en sont victimes. 

« Nous observons ces dernières semaines une augmentation massive des MGF », alerte Sadia Allin, responsable de l’ONG Plan International en Somalie. Les familles recourent à cette pratique alors que leurs filles ne vont plus à l’école et restent confinées à la maison. En raison notamment du ralentissement économique engendré par le coronavirus, les exciseuses exercent ces activités de subsistance néfastes et font du porte à porte pour vendre leurs services, déplore l’ONG.

Selon des prévisions du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), 290 000 filles subiront une forme de MGF en 2020.

Hausse des violences conjugales partout dans le monde

Les violences conjugales et familiales représentent un fléau mondial : selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé 1 femme sur 3 dans le monde a déjà subi les coups d’un partenaire violent. 

Début avril, alors qu’une majeure partie du monde était confinée, le secrétaire général de l’ONU António Guterres a lancé un appel mondial pour « protéger les femmes et les jeunes filles » assignées à domicile avec des partenaires violents.

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