Paru à l’automne dernier, le livre autobiographique de Vanessa Springora, qui relate sa relation avec Gabriel Matzneff, alors qu’elle était adolescente, sera bientôt porté à l’écran, ont annoncé sur Instagram, les producteurs Carole Lambert et Marc Missonnier.

Publié aux éditions Grasset, le roman s’est vendu à plus de 180 000 exemplaires, mettant en lumière, par la même occasion, la complaisance des milieux politiques, médiatiques et culturels, et l’impunité dont a bénéficié l’auteur pendant toutes ces années. Le livre a aussi permis de revenir de façon plus générale, sur les violences sexuelles envers les mineurs et de rouvrir le débat sur la pédophilie qui avait court à cette époque.

Sur Instagram, les producteurs Carole Lambert et Marc Missonnier, ont annoncé lundi que l’histoire serait portée sur les écrans en 2021, par la réalisatrice Vanessa Filho, relevée en 2018 à Cannes avec le film « Gueule d’ange », présenté à la section Un Certain Regard.

Se réapproprier son histoire

Pour rappel, dès le lendemain de la parution du livre, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour « viols commis sur mineur de moins de 15 ans ». L’autrice, qui n’avait pas encore 14 ans à l’époque des faits, décrit dans son livre l’emprise de cet homme sur l’adolescente qu’elle était, la façon dont il l’a coupé de sa famille, de ses amis, lui faisant miroiter un amour faux et creux. Elle relate également le comportement de prédateur de Gabriel Matzneff, et comment elle a découvert les récits de ses « aventures » avec des « jeunes garçons » en Asie. Des faits qu’il racontait lui-même dans son livre « Les moins de seize ans », publié chez Gallimard et que le milieu littéraire parisien semblait complètement tolérer.

Pour Vanessa Springora, « ce livre était une entreprise d’honnêteté vis-à-vis d'(elle-même), puisque c’était l’occasion de (se) réapproprier (son) histoire ».

« Le Consentement m’a permis de me réinventer. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’un chapitre s’est refermé, ce qui me permet d’aller vers autre chose, mais qui est toujours moi », a-t-elle ajouté dans un entretien au JDD paru dimanche.

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