Emmanuel Macron a nommé Jean Castex au poste de Premier ministre, en remplacement d’Edouard Philippe, et l’a chargé de former un nouveau gouvernement, a annoncé ce vendredi l’Elysée.

Ex-collaborateur de Nicolas Sarkozy, Jean Castex, 55 ans, maire Les Républicains de Prades (Pyrénées orientales), est depuis avril le délégué interministériel chargé du déconfinement en France.

« Il est un haut fonctionnaire complet et polyvalent qui aura à cœur de réformer l’Etat et de conduire un dialogue apaisé avec les territoires », a expliqué l’Elysée.  « Il est l’homme de la situation » car, « connu pour travailler par le dialogue et dans un esprit de rassemblement », il « saura mettre en œuvre les reconstructions évoquées par le chef de l’Etat dans ses dernières expressions dans le cadre du nouveau chemin » du quinquennat.

« L’homme du déconfinement réussi »

La présidence française présente Jean Castex comme « l’homme du déconfinement réussi » qui « est appelé à un moment critique de la crise sanitaire ». Sa nomination « est un choix macronien, conforme à l’esprit de dépassement porté par le président depuis trois ans », souligne-t-on de même source. Cet homme, qui « a travaillé avec Xavier Bertrand, Nicolas Sarkozy et Edouard Philippe », « vient de la droite mais c’est un gaulliste social ».

Il est « parfaitement rompu aux arcanes parisiennes et fin connaisseur des réalités locales et territoriales », « qui conjugue expérience de la haute fonction publique -il est membre de la Cour des Comptes- et des mandats locaux: à la fois maire, président d’une communauté de communes et conseiller départemental », selon l’Elysée. « Paris et Prades, c’est un contraste important dans la période de reconstruction plurielle qui s’ouvre ».

A gauche en revanche, on estimait que cette nomination démontrait une poursuite d’une politique « de droite ». « Avec la nomination de Jean Castex, le président de la République confirme sans surprise son cap. Le jour d’après sera de droite comme le jour d’avant », a commenté Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti Socialiste.

La composition du nouveau gouvernement devrait être connue avant mercredi, date prévue du prochain conseil des ministres.

Nouvelle étape

Au cours d’un entretien jeudi, « le président de la République et le Premier ministre ont établi un constat partagé quant à la nécessité d’un nouveau gouvernement pour incarner une nouvelle étape du quinquennat, un nouveau chemin », avait expliqué l’Elysée lors de l’annonce de la démission d’Edouard Philippe.

« Au cours de cet entretien chaleureux et amical, le président a remercié le Premier ministre pour le travail accompli, en particulier les importantes réformes conduites pour la modernisation du pays et la préservation de notre modèle social ». 

Le nouveau gouvernement devra « mettre en œuvre la nouvelle étape du quinquennat, le projet de reconstruction sociale, économique, environnementale et locale dont le président a exposé les grandes orientations lors de son allocution du 14 juin et qui s’est précisée au cours du cycle de consultations approfondies conduit au cours des dernières semaines », a souligné l’Elysée.

A l’annonce de la démission du gouvernement, toute activité ministérielle a aussitôt été interrompue. Le Conseil des ministres, prévu vendredi matin, n’a pas eu lieu. A l’Assemblée, où était examiné le troisième projet de budget rectifié, la séance a été suspendue.

Dans son entretien à la presse quotidienne régionale jeudi soir, Emmanuel Macron a vanté la « relation de confiance unique » qu’il entretenait avec son Premier ministre, en place depuis le début du quinquennat.

Sur le plan politique, Emmanuel Macron avait réaffirmé en avril, au plus fort de l’épidémie du Covid-19, vouloir « se réinventer » mais sans « renier » les reformes du début du quinquennat.

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