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« J’ai un petit côté voyeur, je me suis inspirée de ce que j’avais entendu sur les terrasses parisiennes »

14 jours. Deux « date » par jour. Objectif : trouver l’homme idéal. Ça vous effraie ? Joséphine Simon, la trentaine, et fraîchement larguée par son grand amour, n’a pas le choix. Ses copines lui imposent ce challenge, dans lequel elle va investir tout son cœur. Et quand Paris n’est pas assez grand pour trouver l’homme idéal, les applis de rencontre prennent le relais. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Premier roman de l’auteur français Ana Ker, Tinder Surprise est une bonne surprise. Sur fond de chick-litt, d’une plume fraîche et légère et très agréable à lire, elle pose un regard drôle et pertinent sur la célèbre application, allant presque jusqu’à nous convaincre de nous y inscrire : « Ce n’est pas compliqué : j’adore Tinder. Je ne pourrai plus jamais vivre sans Tinder, c’est sûr. Tout être humain devrait obligatoirement être sur Tinder par décret ministériel. Il n’y a que des avantages : c’est bon pour l’égo, c’est bon pour le moral, c’est bon pour les troupes, c’est bon pour la Sécu, c’est bon pour l’environnement. Je n’ai rien à faire : juste en restant dans mon lit en pyjama, je plais à des dizaines d’hommes à qui je raconte ce qu’il me passe par la tête. Sans aucun jugement.» (p.57)

Chapitre après chapitre, Joséphine dresse les portraits des hommes qu’elle rencontre, parcourant Paris et ses bars (avec en prime une bonne sélection d’endroits à tester) à la clé, de potentiels princes charmants. Peu de crapauds, mais quelques uns tout de mêmes et un homme marié fort séduisant, et quelques maniaco sexuels sur lesquels elle s’attarde peu.

Si nous nous étions lancé dans cette lecture avec quelques réticences, l’expérience a été des plus agréables, malgré quelques longueurs – à vouloir décrire chacun de ses rendez-vous on tombe parfois dans l’écueil du stéréotype. Et pourquoi diable ne pas avoir voulu nommer ses amies, qui ont pourtant un rôle important dans l’histoire, et les affubler des sobriquets : Copine 1, Copine 2…?

Qu’à cela ne tienne, l’ensemble est plaisant et vaut de s’y plonger!

Ana Ker : «Tinder Surprise est davantage une histoire d’amitié » 

© Astrid di Crollalanza

 

Une très agréable lecture estivale, qui nous a donné envie de rencontrer l’auteure, Ana Ker.

Est-ce que Tinder Surprise est un roman autobiographique ?

Absolument pas ! Bien sûr, il s’inspire d’anecdotes qui me sont arrivées, ou qui sont arrivées à mon entourage. Comme j’ai un petit côté voyeur, je me suis également nourrie de ce que j’avais pu entendre sur les terrasses parisiennes (rires).

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’écriture de ce premier livre ?

C’est venu tout seul en fait, au fil de discussions entre copines, du genre « Imagine si tu avais 15 jours pour rencontrer l’âme sœur… » Tinder est un véritable phénomène de société. Si, au départ, son utilisation était plutôt taboue, elle s’est véritablement démocratisée, surtout à Paris. Tinder a vraiment révolutionné la façon dont les gens se rencontrent. En novembre dernier, j’avais d’ailleurs lu un article qui répertoriait les boîtes parisiennes dans lesquelles on pouvait faire le plus de crush sur une autre appli : Happn. On arrivait à 1500 par soirée. Ce qui est absurde, quand on se dit que c’est justement l’objectif de se rendre dans ce genre de lieux. Finalement, les gens ne se rencontrent pas « en vrai » mais en ligne. C’est en fait très révélateur de notre société qui repose sur la consommation, l’immédiateté, la géolocalisation.

Alors que l’on s’attend à de la chick-litt, Tinder Surprise se veut tout de même une réflexion légère sur le bienfait de l’application, sans happy end trop facile.

Oui j’avais envie d’aller plus loin, de ne pas rester dans l’écueil de la belle histoire d’amour, pétrie de clichés. La chick-litt n’est pas mon domaine de prédilection, je reconnais. Mais j’avais envie d’un romain agréable, léger, divertissant. Plus qu’un roman d’amour, je dirais que Tinder Surprise est davantage une histoire d’amitié.

Mais pourquoi, alors, avoir fait le choix de ne pas nommer ses copines, qui ont pourtant une large place dans l’œuvre ?

Joséphine, l’héroïne, rencontre déjà 20 hommes. Cela faisait beaucoup de personnages, et de noms à retenir. Je ne voulais pas en rajouter une couche avec en plus le nom des différentes amies qui évoluent autour d’elles. D’autant qu’elles sont interchangeables en fait, car aucune n’a de traits caractéristique sbien distincts. Leurs personnalités ne sont esquissées que pour aider Joséphine dans sa réflexion, et, surtout, dans sa quête du grand amour…

… Qu’elle ne rencontre finalement pas. Peut-on trouver le vrai amour sur Tinder ?

Oui ! Je rentre justement d’un mariage Tinder (rires) : deux amis qui se sont rencontrés aux tout débuts de l’existence de l’appli. C’était leur premier rendez-vous : le coup de foudre, ils n’ont pas eu besoin d’en faire d’autre. Comme quoi, la réalité est plus jolie, parfois ! Il faut laisser sa chance !

Tinder Surprise, Ana Ker, aux Editions Albin Michel

Crédit photo : © Astrid di Crollalanza

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