Les grands noms de la mode italienne remontent à partir de mercredi sur les podiums milanais pour présenter leurs collections Femme automne-hiver 2022/2023, très attendues par une industrie affaiblie après deux ans de pandémie.

Mannequins, photographes et invités de marque sont attendus en masse pour découvrir les dernières créations de Gucci (groupe Kering), Fendi (groupe LVMH) et Giorgio Armani, mais aussi les premiers pas de la marque de voitures de luxe Ferrari dans la mode. Pour la première fois depuis l’arrivée du Covid-19 en Italie en février 2020, les défilés en présentiel seront plus nombreux que les vidéos pré-enregistrées ou en streaming. Ce substitut s’est révélé un pis-aller faisant pâle figure à côté des défilés aux moyens extravagants généralement mis en avant par les grandes marques pour se faire de la publicité.

Milan place tous ses espoirs dans le retour de centaines d’acheteurs, de journalistes et de personnalités de la mode aux événements organisés aux quatre coins de la capitale lombarde. Le président de la Chambre nationale de la monde italienne (CNMI), Carlo Capasa, a reconnu la semaine dernière « l’incertitude » pesant encore. Mais les 58 défilés en présentiel traduisent « un signal fort d’optimisme et de positivité, qui donne un nouvel élan au secteur », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.

Tous les regards seront braqués sur Gucci, marque phare de la mode italienne, de retour après deux ans d’absence. En novembre, le styliste maison Alessandro Michele a déjà fait beaucoup parler avec sa « Gucci Love Parade » organisée à Hollywwod. La pandémie a entraîné son lot de fermetures d’usines, de baisses des ventes et aussi un changement dans la façon de s’habiller, mais la mode veut regagner ses parts de marché pré-Covid. « Après presque deux ans de dérèglement, l’industrie mondiale de la mode reprend pied », a analysé le cabinet de consultants McKinsey dans un rapport publié en décembre.

Ferrari se lance

La mode italienne et ses sous-traitants devraient dégager un chiffre d’affaires de 83 milliards d’euros en 2021, en hausse de 20,9% sur un an, selon la CNMI. Un chiffre qui reste cependant en retrait de 7,8% par rapport à 2019. Les exportations ont fait un bond de 16,4% durant les dix premiers mois de 2021, stimulées notamment par des ventes en hausse de 50% en Chine et de 31,8% aux Etats-Unis. En janvier, l’explosion des cas de Covid-19 due au variant Omicron avait abouti à une semaine de la mode masculine sous-dimensionnée à Milan, et l’inquiétude continue de planer sur les défilés de mode, qui ont débuté ce mois-ci à New York et s’achèveront le 8 mars à Paris après des escales à Londres et Milan. À New York, Tom Ford a dû annuler son défilé, mettant sa collection inachevée sur le compte de l’impact d’Omicron sur son équipe de créateurs aux Etats-Unis et le personnel des ateliers de confection en Italie.

Ferrari, connue mondialement pour son écurie de Formule 1, fera ses débuts sur les podiums dimanche, huit mois après que son styliste Rocco Iannone eût présenté sa première collection en utilisant les chaînes de montage de bolides comme podium. Mercredi, le géant italien du jeans Diesel défilera à Milan pour la deuxième collection du styliste belge Glenn Martens, qui continue à être le directeur artistique de Y/Projets, où il fait de la mode expérimentale. Il a aussi présenté le mois dernier une splendide collection haute couture avec des silhouettes corsetées en tant que styliste invité chez Jean Paul Gaultier. Autre moment attendu de cette fashion week milanaise: les débuts du styliste français Matthieu Blazy chez Bottega Veneta (groupe Kering) après le départ surprise du Britannique Daniel Lee en novembre.