Alors qu’hier l’agence Associated Press annonçait Hillary Clinton gagnante, les résultats du Super Tuesday, qui s’est tenu hier, ont confirmé les pronostics. 

Devançant son adversaire Bernie Sanders de peu, la candidate démocrate s’est exprimée depuis New-York pour revendiquer son investiture, soulignant sa joie et les nombreux combats qu’il lui reste à accomplir jusqu’aux votes pour la présidentielle américaine qui se tiendront en novembre prochain.

Un dernier Super Tuesday pas si décisif

C’est notamment grâce à l’appui des super-délégués, non-élus par les électeurs et composant l’élite du parti, que l’ex-première dame a pu revendiquer sa victoire. En effet, sur 714 super-délégués, 571 se prononceraient en sa faveur lors de la convention du Parti Démocrate qui se tiendra le mois prochain. A noter par ailleurs que ces notables sont libres de choisir leur candidat et ne se prononcent pas obligatoirement en fonction des résultats des délégués élus, eux, par les électeurs.

Ainsi, à l’issu du dernier Super Tuesday qui se tenait mardi et la nuit dernière dans six états dont le New-Jersey et la Californie (qui compte le plus important nombre de délégués), l’écart entre les deux candidats s’est fortement creusé puisqu’Hillary Clinton a remporté l’Etat de Californie, là ou Bernie Sanders était donné gagnant. Une nouvelle qui scelle à la fois son investiture mais qui lui permettra peut-être de redorer son image auprès de la jeunesse. Effectivement, la Californie incarne la jeunesse, le développement technologique et le progrès social, valeurs défendues par son adversaire Bernie Sanders et qui lui avait fait défaut au début de sa campagne. Un dernier Super Tuesday pas si décisif au final quand on sait qu’avec l’appui des super-délégués, la candidate se rapprochait déjà de la victoire.

Bernie Sanders ira jusqu’au bout

Si Hillary Clinton a revendiqué sa victoire, Bernie Sanders a annoncé en revanche qu’il continuerait sa campagne jusqu’au bout. Non pas dans l’espoir de voir le résultat s’inverser, mais plutôt pour porter ses idées jusqu’au bout. Des idées, on le rappelle, progressistes en matière d’éducation, de santé et d’économie, aux antipodes de l’autre candidat dit « anti-système », Donald Trump. Avec un programme à base de santé gratuite, d’éducation supérieure accessible à tous, ou encore de lutte contre le lobbying politique, on imagine mal Sanders intégrer le possible gouvernement Clinton.

Les félicitations d’Obama

Toutefois, le Président Obama a félicité Clinton pour avoir « scellé » l’investiture et notamment pour avoir mené une campagne « historique ». C’est la première fois en effet qu’une femme gagne l’investiture d’un parti en vue des élections présidentielles. Pourtant peu soutenue par l’électorat féminin au cours de sa campagne, qui lui préférait son adversaire (11 point d’écart en faveur de Sanders chez les femmes, 26 points chez les femmes célibataires), la candidate s’est exprimée dans son discours sur la cause féminine, insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas de sa victoire mais de celles de toutes les femmes. On lui avait effectivement reproché d’incarner l’establishment ainsi que ses relations avec les élites américaines, des facteurs peu propices à séduire les jeunes, les femmes et les célibataires.

Reste maintenant à Hillary Clinton de continuer sa campagne, axant peut-être davantage son discours sur des problématiques rassembleuses et les plus pertinentes et réelles possibles jusqu’au mois de novembre, pour espérer contrer le discours démagogique et potentiellement dangereux du candidat Trump.

 

Helena Coupette