Mardi 6 février, à 20h30, la Ville de Luxembourg et l’ONG PADEM, Programmes d’Aide et de Développement destinés aux Enfants du Monde, organisent une soirée spéciale à la Cinémathèque, place du Théâtre, à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre l’Excision.

Isabel Wiseler-Lima, échevin de la Ville de Luxembourg introduira cet événement aux côtés de Katharina Zilm et Pascal Hus de PADEM. Cette association vise à l’amélioration de la qualité de vie des populations vulnérables, en particulier des enfants dans les pays en voie de développement, à travers des actions réalisées en collaboration avec des autres acteurs publics ou privés.

Le film sénégalais Moolaadé, de Ousmane Sembène, lauréat du prix « Un Certain regard » à Cannes en 2004, sera ensuite projeté. L’histoire d’une mère de famille d’un village africain qui n’accepte pas que son unique fille soit excisée, rite qu’elle juge barbare. La nouvelle se répand dans le pays et quatre fillettes réclament à cette femme le droit d’asile, appelé « Moolaadé ». Les tenants de la tradition et de la modernité dans le village s’affrontent.

La Ville de Luxembourg soutient les actions de sensibilisation

Dans le cadre de sa politique pour l’égalité entre hommes et femmes, la Ville de Luxembourg soutient des actions de sensibilisation et de lutte contre l’excision depuis 2012. Cette même année, à l’occasion d’une conférence organisée par la Fondation Raoul Follereau et de la venue à l’hôtel de Ville de Waris Dirie, auteur du livre autobiographique Fleur du désert, sur le sujet de l’excision, la capitale a offert son soutien financier. Les trois années suivantes, la ville a également apporté un appui budgétaire à l’événement « Expression Against Excision » de la même Fondation, à qui elle apporte une assistante régulière, ainsi qu’un chèque pour l’Unicef en 2013. Il y a deux ans, une exposition de photos à la Cité Bibliothèque permettant de sensibiliser le grand public à cette thématique était organisée.

En 2016 les MGF étaient en hausse

Le 4 février 2016, l’Unicef a publié un rapport à la veille de la Journée Mondiale Tolérance Zéro aux MGF (Mutilations génitales féminines). Au moins 200 millions de filles et de femmes dans 30 pays différents ont été mutilées, soit environ 70 millions de plus que le rapport de 2014. La moitié de ces victimes vivent en Éthiopie, en Égypte ainsi qu’en Indonésie.

La baisse de cette pratique barbare au cours des dernières décennies est insuffisance face à la croissance de la population. Les études de Fonds des Nations unies pour l’enfance sur les 30 pays ont conclu que la plupart des filles étaient excisées avant leur cinquième anniversaire et 85% de Yéménites au cours de la première semaine suivant la naissance.

Depuis décembre 2012, l’ONU a décidé d’interdire les mutilations génitales sur les femmes à un niveau mondial. Plus récemment en fin 2015, les Nations Unies ont fixé l’objectif de faire disparaître cette pratique d’ici 2030.

 

Léa Di Michele