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Une place financière opaque ?

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Notre pays est de nouveau pris en tenaille, entre les récentes déclarations de Pierre Gramegna à la Chambre des Députés concernant le respect des règles en matière de finance et la sortie du dernier hit-parade ; le « Tax Justice Network », qui désigne les pays les plus opaques du monde en matière financière.

Ce dernier est constitué d’un réseau international d’experts se disant indépendants créé en 2003. Son site web qualifie ses membres de politiquement non alignés, se voulant très réactifs, flexibles, porteurs d’expertise et militants en vue d’un changement systémique en matière de fiscalité́, de paradis fiscaux et de globalisation financière.

Dans le spectre de la pensée politique européenne actuelle on pourrait les qualifier de « proche d’une gauche chrétienne intellectuelle et bien-pensante » à l’image des réseaux français du Monde Diplomatique ou d’« ATAC » ou encore de mouvements allemands comme « Steuergerechtigkeit Deutschland » et « Misereor ».

Leur méthodologie est solide et ce qu’ils écrivent mérite au moins une écoute attentive.
D’après eux, notre pays est de nouveau à la peine. Il arrive en 6eme position des pays les plus opaques sur le plan financier après les Iles Cayman en champion toutes catégories, les États Unis en numéro deux suivis de la Suisse, de Hongkong et de Singapour.
Déjà lors du classement de 2018 le Luxembourg était en 6e position. Rien n’aurait changé finalement ?

Péchés capitaux ou véniels ?

Cela déplait que le pays ait un secret professionnel solide, renforcé par le jugement dans l’affaire Deltour (ndlr : Deltour était employé chez un big four qui avait volé des informations pour les rendre publiques sur base de critères relevant de son ethique personnelle). On oublie juste de préciser que lorsque l’on signe une clause de confidentialité́, c’est pour la respecter.

La taille systémique au niveau de l’économie financière mondiale de notre pays pose problème et est mise en exergue ainsi que le fait que notre pays arrive en troisième position mondiale en matière de domiciliations de hedge funds après le Iles Cayman (en première position) et le Delaware (numéro 2). Cette situation semble, aux yeux des rédacteurs, impliquer une sorte de responsabilité « morale » immanente. Ils citent les « 800 milliards d’euros en gestion fournissant des liquidités à leurs propriétaires majoritairement étrangers ». Notons que les États Unis, tellement prompts à montrer du doigt, n’ont toujours pas modifié la législation du Delaware, État où tous les coups financiers, ou presque, sont permis.

Un rapport très critique

Le rapport de Secrecy International est très critique vis à vis du port franc et de sa règlementation qui selon eux, serait une porte ouverte à pas mal de tour de passe-passe. Il en va de même avec ce nouveau type de « holding », les fonds d’investissement alternatif réservé (FIAR), qui permettent de détenir des biens matériels, qui pourraient très bien être stockés au port franc ou ailleurs.

Ils citent pèle mêle, les tentatives du pays de monter une plateforme de finance islamique, les rulings, les immatriculations off shore de navires. Ils ironisent sur notre politique d’exploitation de ressources spatiales qui d’après eux serait une nouvelle tentative d’utiliser notre plus belle ressource, la souveraineté nationale, afin d’en tirer des bénéfices.

Y a-t-il rien de bon chez nous ?

L’intérêt de ce genre de classement réside dans le fait qu’il fournit un baromètre de la pensée de toute une frange intellectuelle de gauche qui fait prévaloir une vision moralisante confrontée à une réalité ni blanche ni noire mais plutôt grise où la concurrence est féroce. Que les instances nationales responsables arrivent déjà à séparer les flux financiers criminels et maffieux de ceux qui ne le sont pas, relève d’une gageure car un monde sans crime est une utopie. Créer une finance éthique en rejetant la finance occulte vers des plateformes hors d’atteinte et totalement incontrôlables serait politiquement mal avisé. L’exemple du Bitcoin illustre bien ce qui peut arriver.

Monsieur de Montesquieu faisait remarquer : « Il y a autant de vices qui viennent de ce qu’on ne s’estime pas assez, que de ce qu’on s’estime trop. Alors estimons nous à notre juste valeur ».

Texte : Cadfael

 

 

 

 

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