Installée au cœur de la capitale luxembourgeoise, Sylvie Wormeringer incarne une nouvelle génération de commerçantes passionnées et audacieuses. En août 2024, elle lance Miss Sybel, une boutique de mode pensée pour les femmes actives d’aujourd’hui, en quête de style et d’authenticité. Seule à bord, mais riche d’une énergie débordante, elle jongle entre sélection de créateurs, gestion quotidienne et relations clients. Animée par une vision claire et un amour sincère pour la mode, elle transforme chaque pièce en outil d’expression féminine. Rencontre avec une entrepreneure qui mise sur l’humain, l’écoute… et beaucoup d’intuition.

Rédaction : Maria Pietrangeli

Quel était votre objectif principal en créant cette société ?

Mon ambition était de proposer un concept qui tend à disparaître au Luxembourg : une boutique de mode et d’accessoires en phase avec le style de vie des femmes d’aujourd’hui. L’idée, c’est de permettre aux femmes d’être belles au quotidien, de valoriser leur féminité grâce à une pièce bien choisie. Un vêtement, un accessoire peuvent faire toute la différence.

Pourquoi cette activité ?

Parce que la mode m’a toujours passionnée. Et surtout, je sais que je ne m’ennuierai jamais dans ce métier. Chaque saison est un nouveau défi : sélectionner une nouvelle collection, découvrir des créateurs, anticiper les tendances. C’est un secteur exigeant qui demande de l’intuition, de l’adaptabilité et surtout de la passion. Il prend une grande place dans le quotidien, mais c’est un investissement que je vis intensément, avec le cœur.

“Je privilégie une relation de proximité avec mes clientes. Je les connais, je sais ce qu’elles aiment.”

Sylvie Wormeringer

Quelles sont les principales difficultés rencontrées en tant qu’entrepreneure ?

Le plus difficile a été d’apprendre à acheter pour les autres. Il ne suffit pas de suivre son propre goût : il faut se mettre dans la peau de toutes les femmes, imaginer ce qui pourrait leur plaire. Trouver le bon équilibre entre style, originalité et diversité, c’est tout un apprentissage.

Quelle est votre stratégie de croissance ?

Je vais ouvrir un pop-up store à la fin de la rue Philippe II, à partir de mi-septembre. L’objectif : tester une nouvelle clientèle, notamment les passants et les touristes. En parallèle, nous lançons la vente en ligne : le site est déjà actif. C’est une manière de faire rayonner la boutique au-delà de ses murs.

Quelle est votre plus-value par rapport à la concurrence ?

Je propose une sélection très variée, accessible à tous les budgets. Mais surtout, je privilégie une relation de proximité avec mes clientes. Je les connais, je sais ce qu’elles aiment. Lorsque je reçois une pièce qui pourrait leur plaire, je les préviens et souvent, elles repartent avec le produit.

Comment avez-vous financé vos débuts ? Une banque vous a-t-elle soutenue ?

Aucune banque ne m’a aidée. J’ai dû compter sur mes fonds propres. Monter une boutique, c’est un investissement lourd : il faut prévoir au moins 100 000 euros. Rien que pour le local, il faut une garantie de six mois. À cela s’ajoutent éventuellement les frais de personnel, l’achat des collections… Il faut être prêt financièrement.

Quelle structure de networking fonctionne pour vous ?

 J’organise une fois par mois une soirée privée avec mes clientes, l’ambiance y est chaleureuse. Souvent, elles viennent avec une amie, qui découvre la boutique. C’est un bouche à oreille qualitatif et naturel qui est un vrai levier de fidélisation.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite se lancer ?

Croyez en vous et surtout, ne baissez jamais les bras. Il y a des hauts et des bas, c’est normal. Les périodes creuses peuvent faire peur, surtout quand on a beaucoup investi. Mais il faut garder le cap, rester positif et ne pas se laisser freiner par ceux qui pointent les difficultés économiques. Ce n’est pas facile, certes, mais il y a toujours des solutions. Il faut apprendre à s’adapter.

Un rêve ou une envie particulière pour les mois à venir ?

Oui, j’ai un rêve que je suis en train de concrétiser… mais je préfère ne rien dévoiler pour l’instant.

Interview initialement publiée dans le Femmes Magazine n°269 de septembre 2025.