Suivi par plus de 5 millions d’abonnés sur l’ensemble de ses réseaux sociaux, Sulivan Gwed partage dans l’ouvrage Fashionology sa vision de la mode, notamment basée sur l’expression et l’affirmation de soi, ainsi qu’une foule d’anecdotes et d’inspirations. Issu d’une génération aussi créative qu’engagée, l’auteur nous parle de son rapport à la mode et aux réseaux sociaux, mais également de la nécessité de mettre fin à certaines injonctions. Rencontre.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ce livre ?

J’ai toujours eu l’envie de ‘figer dans le temps’ cette passion que j’ai pour la mode. Les réseaux sociaux sont une excellente plateforme pour la faire connaître, mais le caractère éphémère des stories, et des posts, ne permettent pas de graver dans la roche toute une idéologie que l’on souhaite partager. Le livre est une solution parfaite pour ‘rester’.

Vous parlez de la mode comme un « moyen d’expression », un « baromètre de l’humeur », un « besoin ». Est-ce que les vêtements définissent qui nous sommes ?

La mode est un bon outil d’expression de soi et de représentation. Nos goûts, nos pensées, et nos idées évoluent sans cesse donc nous ne sommes jamais la même personne. Notre style est tout simplement témoin de ce changement constant, et y est forcément associé.

Et vous, quel est votre style ?

Je n’ai pas de style prédéfini. J’ai simplement des émotions, des goûts, qui se traduisent par mes différentes pièces ou tenues.

Quelles sont les personnalités qui vous inspirent ?

Cela peut aller de Lady Gaga à Lee Taemin en passant par Michael Jackson, Prince, ou Dali. J’ai énormément de sources d’inspiration !

Vous faites partie d’une nouvelle génération d’influenceurs engagés. Est-ce indispensable aujourd’hui ?

Chaque influenceur peut utiliser sa plateforme de la manière qu’il le souhaite. Mais, c’est vrai qu’il est compliqué dans une époque comme la nôtre de pouvoir faire la sourde oreille très longtemps !

Sur les réseaux sociaux, le « like » semble tout dominer. Comment gérez-vous l’équilibre entre cette volonté de partager certaines valeurs et la nécessité pour tout influenceur de faire du like ?

Quand l’option qui permet de cacher ses likes est disponible sur un réseau social, je l’active. Je ne souhaite justement pas me brider dans ma créativité et dans ce que je veux partager. Malheureusement, le like peut souvent influencer tous ces facteurs.

Dans l’ouvrage, vous dites qu’un vêtement n’a pas de genre. Pensez-vous que l’industrie, qui propose de plus en plus de collections « gender fluid », a encore beaucoup de chemin à faire sur le sujet ?

Il y a encore du chemin à faire, c’est vrai. Mais, petit à petit, les marques commencent à comprendre que le genre n’a plus réellement d’importance dans le choix des vêtements de la nouvelle génération. Je pense que plus les gens consommeront ‘genderless’, plus les marques proposeront des collections de ce type.

Qu’avez-vous envie de dire aux jeunes qui vivent encore ces injonctions au quotidien ?

Chacun avance à son rythme, et c’est normal de ne pas pouvoir s’habiller librement du jour au lendemain. Cependant, si porter un vêtement genré permet à certains d’être à l’aise, et bien c’est génial ! Il devrait exister des collections de mode pour tous les goûts, tous les corps, et tous les styles ! Chacun devrait juste s’habiller comme il le souhaite au final.

Fashionology par Sulivan Gwed, Editions HarperCollins.