×

C’EST DECIDE JE FAIS MES CREMES MOI-MEME

je fais mes crèmes moi-même

à Paris, les ateliers se développent comme des champignons. à Luxembourg, la cosmétique fraîche a pignon sur rue. Dans cette ère où la beauté écologique est devenue une obligation, l’idée est tentante: faire ses produits de beauté soi-même. J’ai tenté l’expérience…

C’est terriblement en vogue: ces derniers temps, les recettes de produits de beauté à faire soi-même fleurissent sur les étals de tous les libraires, mais jusqu’ici, l’idée m’apparaissait plutôt saugrenue. Le genre de machin qu’on laisse aux babas post soixante-huitardes qui vivent dans les montagnes avec leurs chèvres. Un engouement collectif qui m’interpelle: à l’heure d’une cosmétologie hyper performante et pointue, qu’est-ce qui peut bien pousser les femmes à revenir aux recettes de leurs grands-mères? Leur efficacité? Quoi donc, je perdrais mon temps à me ruer sur les dernières nouveautés des marques spécialisées? La vérité cosmétique est-elle vraiment ailleurs? Contrairement aux produits de grande consommation, l’avantage de fabriquer ses propres cosmétiques serait de pouvoir décider de leurs propriétés. C’est décidé, je me lance: moi aussi, je ferai mes produits de beauté moi-même.

L’huile d’olive, pas si basique

Je commence soft, et par un basique: l’huile d’olive sur les cheveux. C’est gras et l’odeur n’est pas franchement sexy, mais rien de tel pour nourrir la peau et les longueurs. Si Kim Basinger en vante les mérites depuis des années dans ses interviews, ça ne peut être qu’efficace… A plus ou moins six euros le litre, j’ai de quoi voir venir. Premier hic, le flacon en verre n’est pas des plus pratiques. Pour mes débuts en cosmétologie, j’aurais du prévoir du matériel adéquat, car mon élixir de beauté version xxl ne trouve sa place nulle part dans ma salle de bains. Et côté application, ça devient franchement du sport quand on a les mains grasses, j’échappe à la catastrophe de justesse. Mon amoureux vient jeter un coup d’oeil, stupéfait de voir mon nouveau look: «Qu’est-ce que tu fous avec de l’huile d’olive sur la tête dans la salle de bains?». Avant d’ajouter: «ça donne faim, tu sens la salade de mozzarella». De fait, j’aurais pu tenter en même temps le masque de tranches de tomates, purifiant et embellisseur. Quelques angoisses justifiées ne tardent pas à m’assaillir. Pour nourrir, elle nourrit l’huile d’olive. Comment vais-je débarrasser mes cheveux d’une huile aussi tenace? Je finis par penser que Kim Basinger me veut du mal. En plus, pas moyen de nettoyer mon lavabo qui est gras comme une baraque à frites. Voire pire: je vois déjà ma douche ressembler à une patinoire d’un vert pas spécialement glam. Mes cheveux, eux, s’en sortent sains et saufs, avec un bon shampooing, c’est ni vu ni connu. Après cette séance épique, le
verdict de mon amoureux me rassure: «C’est marrant, il me semble que t’as les cheveux plus brillants que d’habitude».

Des fraises en sérum

Pleine de reconnaissance, je tente une nouvelle expérience. Une fraise écrasée tous les jours sur le visage, ça défatigue la peau et ça réveille le teint. C’est la comédienne Florence Pernel qui le dit. Je me lance dans l’opération au réveil, un lendemain de veille prolongée, histoire de vérifier si on peut faire confiance aux actrices françaises. J’écrase consciencieusement ma fraise et me masse la figure. Je commence à avoir des doutes. Si ça dégouline de tous les côtés, je fais quoi? Les taches de fraises sur mes essuies de bain blancs, est-ce que ça part facilement au lavage? J’imagine que Florence Pernel n’a pas ce genre de problème. La fraise sort du frigo et c’est plutôt agréable, ce petit coup de frais. Particulièrement sur mes yeux bouffis. En faisant pénétrer le jus bien rouge, je me dis que ça ressemble à un sérum haut de gamme avec, en plus, une odeur à tomber. Je rince à l’eau claire et suis bluffée par le résultat: ma peau est fraîche, douce et reposée, les pores resserrés. L’action des acides de fruits sans doute. Elle ne tiraille pas et cet effet dure. Verdict de mon amoureux: «Les fraises, c’est bien, mais on mange quand?».

Je hais les abricots

Mes tests suivants, je décide de les préparer dans ma cuisine, parce que j’ai besoin de matériel et qu’Ingrid Chauvin, elle se fait tous les jours un masque à base de levure mélangée à un jaune d’oeuf et une cuillère d’huile d’olive. Il paraît que l’effet lissant est garanti. Comme dans mon frigo, je n’ai pas de levure en stock, je me rabats sur une autre recette. Pour une peau douce et dorée, un masque à l’abricot qui régénère. Deux abricots frais mixés à une cuillère à café d’huile d’avocat. Sauf que l’huile d’avocat, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. Mon pharmacien est dubitatif: «Faut commander, j’en ai pas en réserve». Tant pis, on se rabattra sur l’huile d’olive. Pour enlever la peau des abricots, je dois les ébouillanter. J’écrase la chair pour en faire une purée et je mélange avec une cuillère à café d’huile d’olive. Là, ça commence à m’agacer sérieusement, les abricots ne sont pas assez mûrs et pas moyen d’en faire une purée, même au blender. Je dois rajouter plus d’huile que prévu pour arriver à une consistance acceptable. Et ce mélange où nagent encore des petits morceaux de fruits, je dois le laisser poser quinze minutes. Mon amoureux passe la tête par la porte, dubitatif: «Tu cuisines? Qu’est-ce qu’on mange?». Avant d’ajouter en me regardant: «Argh! Mais c’est
dégueulasse ton truc, on dirait que tu as plein de boutons sur le visage! Arrête de me faire des frayeurs, j’avais pas mes lentilles.». Non seulement la texture est ratée, mais en plus ça gratte. Pas sûr que je tiendrai les quinze minutes recommandées. Je n’en peux plus des démangeaisons, je cours rincer. Quand j’ai fini, mon lavabo est définitivement bouché, après les fraises, avec les résidus d’abricots. Vu le chantier, on n’est pas près de manger.

L’art et la technique

Je persiste et signe. Un masque sublimateur à la framboise et yaourt nature, ça n’a pas l’air si compliqué. Sauf que, encore une fois, je n’ai pas les trois gouttes d’huile essentielle d’orange sous la main, et le prix des framboises à ma disposition est prohibitif.
Horreur! Quelqu’un est passé avant moi dans le frigo, et des 75 grammes demandés pour la recette, il ne reste que cinq malheureuses framboises. Un gommage à la noix de coco, peutêtre? Ok, mais ça demande des recherches. De l’huile végétale de coco (50ml), du beurre de karité (50 gr) et de la pulpe de coco (9 cuillères à café), difficile à trouver dans le commerce… Le noeud du problème est là. Quand les recettes se compliquent, il faut vraiment être motivée pour trouver les ingrédients qui les composent. La fabrication de produits plus élaborés se transforme vite en parcours du combattant, si on ne commande pas sur Internet. Les protéines d’avoine, le macérat de calendula, l’Olivem 1000 (un émulsionnant naturel), le Geogard 221 (un conservateur), achèvent définitivement ma bonne volonté. Trop compliqué, trop cher (chaque produit tourne autour de dix euros le flacon) pour tenter l’expérience et peut-être même dangereux, si on ne maîtrise pas les dosages, les associations et la chimie élémentaire. Sans oublier l’hygiène qu’on n’assure jamais à 100%, comme dans un laboratoire. On est loin de ma fraise-sérum. Là, c’est sûr, j’ai besoin de cours. De l’huile de combawa à la gomme de xanthane, en passant par la sève de bambou en poudre, actuellement, dans les ateliers spécialisés qui donnent des leçons de cosmétique fraîche, ce sont plus de 300 ingrédients qui sont proposés à la vente et qui sont expliqués par des chimistes professionnels. Impossible, avec une peau à tendance allergique, de se lancer là-dedans toute seule.

La cosmétique fraîche et facile existe

J’arpente les rues de Luxembourg, ma motivation écologique définitivement en berne. Les voix du seigneur sont impénétrables. Et là, surprise, Lush m’apparaît dans un éclair de lumière. La cosmétique fraîche et facile m’ouvre ses portes. C’est ludique, plus qu’abordable et éthiquement correct. Encore mieux, des produits qui se conservent 12 mois, avec des fruits et des légumes bio, des huiles essentielles, sans matière animale et testés sur des humains volontaires. Autant d’ingrédients frais et naturels, associés à des produits synthétiques sûrs. Packaging et noms rigolos, traçabilité des produits et crèmes à conserver au frigo, c’est fait pour moi. Enfin de quoi plonger avec bonheur dans l’univers de la beauté éthique sans complexe et surtout sans problème!

Agenda

Culture, bons plans,
business, night, resto, kids ?
Trouvez toutes vos soirées
dans notre agenda!

Rechercher
De À

Newsletter

Abonnez-vous & recevez les dernières actus!

Immobilier

Vous cherchez un appartement? Une maison? Un terrain? Rechercher


En collaboration avec athome.lu

Rejoignez-nous

+Cliquez pour charger plus d'articles

Inscrivez-vous à notre newsletter pour découvrir deux fois par semaine, des actus locales, des nouvelles tendances mode, des infos culture, business...