Croire en soi et faire de son entourage une force, tel est le mantra à adopter pour briller dans l’entreprenariat comme Aurore Dulieu. Inspirée par sa propre histoire et ambitieuse, elle travaille aujourd’hui au développement de la solidarité entre femmes par le biais de One Woman Entreprise. 

Une réussite qui puise son essence dans le fruit d’un long travail sans relâche, rencontre avec la fondatrice de My Consultant SARL.

Vous êtes aujourd’hui une femme brillante à la tête de votre propre société. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

Plus jeune, j’ai commencé par étudier le management à Liège avant de me former dans le domaine de l’économie. Professionnellement, j’ai toujours baigné dans le milieu bancaire ainsi que dans les assurances et ce, jusqu’en 2013. Par la suite j’ai créé ma propre société qui s’appelle My Consultant SARL où je donne des conseils en management et apporte de l’assistance aux sociétés. Aujourd’hui, je suis administratrice indépendante de sociétés.

Comment s’est déroulée la création de My Consultant SARL ?

En 2013, je pensais à une réorientation professionnelle et je me suis interrogée sur le domaine de compétence où j’étais la plus douée. A ce moment-là, comme une évidence, c’est l’assistance aux personnes, aux clients qui ont des problématiques diverses et variés et la coordination de tous leurs soucis qui ont traversé mon esprit.  Je dirige parfois des sociétés à la place d’actionnaires qui ont investis mais qui nécessitent une direction affective. C’est exactement ça, je me suis posée la question de savoir en quoi j’étais bonne et ça m’est venu naturellement.

Avez-vous songé à vous orienter vers un autre domaine ?

Oui, je souhaitais faire plus ou moins de l’assistance mais d’avantage pour les parents au Luxembourg. Je désirais apporter mon aide dans la recherche des écoles, des crèches et les assister pour les besoins de naissance. Un choix plus ou moins complexe qui m’a été simplifié par l’intermédiaire d’une personne avec qui j’ai travaillé, un avocat. Naturellement, je me suis orientée vers mon domaine actuel.

Si c’était à refaire, vous seriez-vous lancée plutôt dans ce domaine ?

Si c’était à refaire, je garderais mon parcours, je ne changerais rien.

De quels soutiens avez-vous bénéficié ? Quels soutiens auriez-vous souhaités ?

J’ai été soutenu par l’avocat avec qui je travaillais, par mon conjoint – car c’est important d’être soutenu par sa famille- , des anciens collègues, un ancien collègue en tout cas. Mais, j’aurais aimé bénéficier de plus d’aides, avoir plus d’informations sur la création d’entreprise et les aides dont je pouvais bénéficier. Je trouve que ça n’est pas assez « marketé » sur le Luxembourg.

Quel a été votre plus grande réussite ?

Ma plus grande réussite est de voir que je ne me suis pas trompée et de constater que mon business fonctionne. Je ne m’attendais pas forcément à une telle réussite mais j’ai travaillé pour. C’est le fruit du travail.

Quels sont vos prochains challenges ?

Je travaille avec plusieurs indépendants en commun, un pôle de compétence entre femmes: One Woman Entreprise.  Nous avons des métiers complémentaires et notre challenge réside dans notre souhait de développer cette solidarité entre femmes entrepreneuses. Se promouvoir, mettre des choses en commun, aider des femmes qui souhaitent devenir entrepreneur à trouver leur voie, c’est notre objectif. Nous souhaitons montrer que la solidarité existe même dans l’indépendance et nous en avons besoin.

Lorsque l’on est cheffe d’entreprise, le fait d’être une femme est-il un frein ou un atout, selon vous ?

Ça peut être un atout dans mon milieu car je travaille avec beaucoup d’hommes. Tout d’abord, c’est un avantage car il y a le côté féminin. Les femmes ont plus tendance à prendre soin des autres, à imaginer le point de vu de chacun.

Ça peut également être un frein dans le sens où on est face à des hommes qui veulent avoir le dernier mot et qui pensent toujours avoir raison. Les femmes arrondissent les angles, pas les hommes. Le frein peut venir également des emplois du temps qui sont différents entre nous. Nous n’avons pas tous les mêmes priorités. Les femmes ont plus de charges mentales comme on en parle beaucoup en ce moment. Il y a la maison par exemple, il faut pouvoir tout gérer et avoir plusieurs facettes. Il faut être un couteau suisse, un peu schizophrène (rires). Quand une femme dit  « je ne peux pas prendre ce rendez-vous » il faut justifier que c’est parce qu’elle doit récupérer ses enfants tandis qu’un homme n’a pas à rendre de comptes.

Quelles sont les forces que doit posséder un chef d’entreprise ?

Toujours être positive, même dans les moments fades. Il faut aussi être multitâche et surtout, il faut posséder un sacré mental mais ça vaut pour tout le monde, homme et femme.

Avez-vous un modèle ?

J’ai un modèle mais pas féminin (rires). J’admire Steve Jobs qui a un parcours extraordinaire, incroyable. Il y a également Georges Sand qui, pour son époque était très provoquante, une femme de poigne. Elle savait ce qu’elle voulait, où elle allait, nous avons ça en commun. Je n’ai pas vraiment de modèle mais j’admire Gandhi et Simone de Beauvoir, toutes ces personnes qui ont su s’affirmer durant leur époque.

Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui veulent se lancer dans l’entreprenariat ?

Il faut savoir bien s’entourer et croire en soi.

 

Sabrina Pontes