Pour la 8ème fois à l’international et pour la 4ème fois au Luxembourg, la journée d’action Roses Revolution aura lieu le 25 novembre prochain. Une date importante et symbolique dans la lutte pour les violences gynécologiques. Mères, pères, parents, accompagnateurs mais également sages-femmes, professionnels de la santé et stagiaires sont appelés à s’unir pour revendiquer le droit à une pratique obstétrique digne et non-violente.

Dans la pratique, il s’agit de placer symboliquement une rose devant les cliniques dans lesquelles vous avez subi ou été témoin d’abus ou d’un manque de respect, devant lesquelles un accompagnateur sera présent sur place pour soutenir les personnes. Des enregistrements audios seront également mis en place pour les concernés qui se sentent prêtes à partager leurs expériences.

Les participantes pourront ainsi compléter les phrases suivantes : « Lors de ma naissance, j’ai ressenti … » ou « J’aurais eu besoin de … ». Grâce à cette dernière phrase en particulier, le groupe espère partager une image claire des manquements qui ont eu lieu lors d’accouchements au Luxembourg, cela aidera également à formuler des revendications précises à adresser à la politique et au système de santé.

Menaces, langage irrespectueux et injections de médicaments

La violence pendant l’accouchement comprend la violence physique et verbale ainsi que le non-respect de l’autonomie physique et de la liberté de choix de la femme qui accouche.
Un réseau informel de mères et de doulas a émergé ces dernières années, permettant aux femmes de partager leurs expériences. « Nous notons que ces types d’abus ne sont pas rares dans les maternités luxembourgeoises et se déroulent sous les formes suivantes : langage autoritaire et irrespectueux, en particulier lorsque les femmes remettent en question les opinions et procédures suggérées des médecins et demandent des éclaircissements complets, mais aussi des menaces (la plus courante et la plus efficace pour forcer un consentement : « si vous ne faites pas X, votre enfant meurt » ou « ceci est fait comme je l’ai dit » ; « suis-je l’expert ou vous? ») ou encore des injection de médicaments sans demander ni avis ni consentement », explique le groupe Rose Révolution Luxembourg dans son communication.

Des violences dont témoignent de nombreuses femmes, notamment sur les réseaux sociaux où leur parole se fait de plus en plus présente, comme c’est le cas sur la page Instagram : @balancetonuterus qui relaye des centaines de témoignages de femmes victimes d’interventions mécaniques sans explication ni demande de consentement (ouverture manuelle du sac amniotique ou décollement de membranes), d’examens vaginaux fréquents et non désirés, déni de liberté de mouvement ou encore d’interventions sans fondement ni utilité médical et désapprouvées par l’OMS telles que l’épisiotomie et les manœuvres de Kristeller.

Ainsi, la Rose Revolution rend public un sujet tabou : « nous brisons le silence dans l’espoir du changement. Nous souhaitons que dans un proche avenir, toutes les mères et familles soient respectées et que nos enfants puissent naître dans l’amour et la paix. »

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