Le rose n’est pas féministe. Ou au moins à l’origine. Il est symbole de virilité masculine. N’en déplaise à Brigitte Bardot et sa célèbre robe vichy rose, ou encore à Barbie, la cousine du rouge durant les 20’s porte une connotation guerrière et masculine.

La palette masculine évolue sérieusement en 2017. Un zeste de légèreté, une originalité sans faille, le rose n’est pas une nouveauté. La tendance se sentait d’ores et déjà sur les podiums de Gucci en 2016, elle a été confirmée cette année. La collection signée Alessandro Michele est passée au travers de la roue des couleurs. Sur un sable rosé, les mannequins portaient des pantalons, des vestes et des broderies roses. Le nouveau noir s’est également observé sur les tuniques de J.W. Anderson, les sweat-shirts de Xander Zhou et la confection exclusive de Haider Ackermann en rose bubble gum. Les créateurs brisent les codes et réinventent le style en affichant la couleur sur les épaules des milléniaux de New York, Paris et Séoul.

#PinkVision

En quête de virilité, les hommes « nouveaux », libérés des injonctions hétéro-normées démocratisent la couleur. Tyler le Créateur, Drake, Jaden Smith, Skepta, tous ont osé. En 2017, les hommes portent du rose et ce n’est pas Grégory Robert, modèle et danseur influenceur des cool kids qui dira le contraire. Une religion rythmée par des looks aux notes pastel, l’inventeur du #PinkVision est, en quelques mois, passé du statut d’excentrique à celui de visionnaire. La vie en rose, tel est son mantra. Pièce par pièce, l’homme s’est défait progressivement d’un violet timide à un rose bonbon assumé, sa signature.

La fin du rose féminin ?

T-shirt à slogan, velours côtelé, sneakers, casquettes et glissières. Rien n’échappe à la tendance du rose millénial. Simple phénomène de mode ou ancrage sociétale, le millénial, quoi qu’il arrive dépasse les questions de genre, de féminin et de masculin. Et pour cause, pas vraiment saumon ni franchement rose, la teinte est un hybride de rose bonbon adoucie de nuances beiges. « Une nuance de rose paisible, qui engendre une aura d’innocence et de pureté », selon Pantone.

Sabrina Pontes