En décembre, les nuits se rallongent et les journées deviennent plus courtes, donnant, comme le pensaient nos ancêtres, place aux forces et aux esprits malfaisants de la nuit. Vient Noël, fin d’un cycle, célébration du renouveau, moment de réflexion, d’espoir et de joie. Mais au-delà ?
Par Cadfael
Aux sources de la Lumière
Sur le site du diocèse de Paris, concernant Noël, on peut lire : « Jésus n’est pas né à cette date, elle fut adoptée de manière conventionnelle plusieurs siècles après les faits. Les Évangiles ne donnent aucune indication précise, seulement quelques détails qui, par recoupement, incitent la plupart des historiens à proposer une naissance du Christ entre -8 et -6 /…/ Le choix du 25 décembre revêt pour sa part un caractère symbolique puisqu’il correspond à la fin du solstice d’hiver, c’est-à-dire au moment de l’année où la durée du jour commence à augmenter. »
L’année solaire comporte deux solstices : l’un en hiver, le 21 décembre, avec la journée la plus courte et la nuit la plus longue ; c’est celui qui nous concerne aujourd’hui. Le second a lieu en été, le 24 juin, à l’inverse : la journée la plus longue, avec le plus d’ensoleillement, et la nuit la plus courte.
L’origine des festivités marquant les solstices remonte profondément dans l’histoire. Ils sont célébrés à travers tout le spectre religieux et philosophique européen. Il faut mentionner que les nazis en avaient fait un moment important de leurs célébrations pseudo-païennes, de même que les communistes de l’ancienne Allemagne de l’Est.
Le solstice d’hiver est un legs de l’Empire romain et nous renvoie à Janus, le dieu à double face. De cette divinité tellement romaine, qui imprègne le christianisme et nos temps modernes, on peut lire dans un ouvrage philosophique qu’« Ovide, dans le premier chant des Fastes, enseigne que Janus s’appelait “Chaos” à l’époque où l’air, le feu, l’eau et la terre ne formaient qu’une masse. Quand les éléments se séparèrent, Chaos devint le tout premier être divin sous la forme de Janus, ses deux visages opposés représentant la confusion de son premier état. Dieu sans âge des passages et des commencements, Janus est appelé le “Maître des deux voies”, voies accessibles par les deux portes solsticiales, celle des cieux (ianua coeli) et celle des enfers (ianua inferni), ces voies de droite et de gauche que les pythagoriciens symbolisaient par la lettre Upsilon, correspondant dans la Bible à la voie de la vertu, étroite, montante et semée d’épines, et à celle du vice, large et descendante. »
La magie divine des cycles éternels
La période du solstice d’hiver, chargée de mystères comme le ressentaient les anciens, ouvre la porte qui nous fait passer d’une période où les énergies de la terre déclinent vers la renaissance de la lumière, source de vie. La naissance du Christ incarne cette lumière de manière forte, un symbole qui porte en lui les espoirs des croyants en un monde meilleur.
La Rome antique fêtait la résurrection du soleil par des fêtes opulentes et des processions. Les Saturnales, comme on les nommait, avaient lieu durant la semaine du solstice et, selon les historiens, donnaient lieu à des décorations dans les maisons, à l’échange de cadeaux et à des banquets fastueux. Plus tard, l’empereur Aurélien (270 après J.-C.) unifiera certaines célébrations païennes en une seule fête : « l’anniversaire du Soleil invaincu, le Sol Invictus », qui tombait le 25 décembre.
Sol Invictus
« L’ancien culte solsticial, centré sur la figure de Janus à deux visages, fut « christianisé » vers 850 et inclus dans la liturgie avec les noms des deux Jean : saint Jean l’Évangéliste le 27 décembre, au solstice d’hiver et saint Jean-Baptiste le 24 juin, au solstice d’été. »
Aujourd’hui dans le christianisme et le judaïsme la lumière reste au cœur de ce que devrait être une fête de joie, de fraternité et de paix. Malheureusement les vents contraires qui soufflent sur les braises de la haine risquent de recouvrir de leur voile sombre une humanité anxieuse de son avenir.
Les lumières de Noël offrent à celui qui sait ouvrir les yeux et son cœur ce que l’historien des religions Mircea Eliade, appelle « l’expérience du sacré /…/ qui n’implique pas nécessairement une croyance en Dieu, en des dieux ou en des esprits » En ce sens ouvrons nous aux énergies bienfaitrices du « sol Invictus » et apprenons à voir l’Autre avec les yeux de la Lumière.
La magie divine des cycles éternels
La période du solstice d’hiver, chargée de mystères comme le ressentaient les anciens, ouvre la porte qui nous fait passer d’une période où les énergies de la terre déclinent vers la renaissance de la lumière, source de vie. La naissance du Christ incarne cette lumière de manière forte, un symbole qui porte en lui les espoirs des croyants en un monde meilleur.
La Rome antique fêtait la résurrection du soleil par des fêtes opulentes et des processions. Les Saturnales, comme on les nommait, avaient lieu durant la semaine du solstice et, selon les historiens, donnaient lieu à des décorations dans les maisons, à l’échange de cadeaux et à des banquets fastueux. Plus tard, l’empereur Aurélien (270 après J.-C.) unifiera certaines célébrations païennes en une seule fête : « l’anniversaire du Soleil invaincu, le Sol Invictus », qui tombait le 25 décembre.
« L’ancien culte solsticial, centré sur la figure de Janus à deux visages, fut “christianisé” vers 850 et inclus dans la liturgie avec les noms des deux Jean : saint Jean l’Évangéliste le 27 décembre, au solstice d’hiver, et saint Jean-Baptiste le 24 juin, au solstice d’été. »
Aujourd’hui, dans le christianisme et le judaïsme, la lumière reste au cœur de ce que devrait être une fête de joie, de fraternité et de paix. Malheureusement, les vents contraires qui soufflent sur les braises de la haine risquent de recouvrir de leur voile sombre une humanité anxieuse de son avenir.


