Il y a des trajectoires qui ne se racontent pas en ligne droite. Celle de Nathalie Neumann est faite d’élans, de détours, de freinages brusques et d’accélérations franches. Dans un univers où la vitesse est reine et où les femmes gagnent progressivement leur place, la pilote luxembourgeoise avance sans promesse de facilité, portée par une passion intacte et une détermination forgée très tôt. Elle nous parle avec simplicité et conviction, comme on conduit : concentrée sur l’essentiel.

Rédaction : Alina Golovkova

Quelle enfant étiez-vous et où avez-vous grandi ?

J’ai grandi à Walferdange, au Luxembourg. J’étais une enfant très sportive. Je faisais beaucoup de volleyball, j’étais très investie à l’école et j’avais toujours besoin d’être occupée. 

Comment avez-vous découvert le sport automobile ?

Mon père s’intéressait beaucoup au motorsport. Il regardait la Formule 1 et nous emmenait voir des courses. Quand j’étais plus jeune, il faisait du stock-car au Luxembourg (NDLR : discipline de sport automobile sur circuits courts, réputée pour ses courses très physiques), puis il est passé à l’autocross – comme moi, mais dans une autre catégorie – et il continue encore aujourd’hui. J’ai grandi dans cet univers-là. Très vite, je ne voulais plus seulement regarder : j’avais envie d’essayer moi-même. 

Qu’est-ce qui vous attirait dans cet univers ? 

L’ambiance, d’abord. Sur les courses, il y a beaucoup de monde, mais on a presque l’impression d’être une petite famille. Et puis surtout la vitesse, l’adrénaline. Tout va très vite, et ça m’a toujours attirée. 

Comment êtes-vous passée de l’envie à la pratique ?

J’ai rapidement eu envie de rouler, mais sans permis de conduire, ce n’était pas possible. Mon père a alors pensé à l’autocross, où il existe une catégorie pour les jeunes. À 14 ans, j’avais ma première voiture. À 15 ans, j’ai fait ma première course, puis un championnat. 

Avez-vous compris rapidement que ce sport allait prendre une place importante dans votre vie ?

Pas tout de suite, parce que j’étais encore très jeune. Je savais surtout que je voulais continuer et ne pas rester uniquement en autocross. Mais j’avais aussi conscience que la réalité serait très dure. Le sport automobile coûte très cher et nécessite des sponsors. 

Aujourd’hui encore, le budget est un enjeu central.

La voiture est le premier poste de dépense. En autocross, les coûts étaient plus maîtrisables : mon père est mécanicien et, avec l’aide de mon cousin, il pouvait assurer toute la partie technique. Sur circuit, en revanche, les dépenses s’envolent. Une journée de test peut coûter environ 5 000 euros pour trois sessions de 20 minutes de roulage. Et je n’ai pas de voiture de circuit à moi, car ce serait encore plus onéreux. 

Et le coût des courses ?

Une course en Angleterre que j’ai faite en septembre m’a coûté environ 25 000 euros… Pour seulement deux jours. Je suis aujourd’hui à la recherche de sponsors pour pouvoir évoluer vers un championnat complet et représenter le Luxembourg au plus haut niveau. 

Les podiums permettent-ils de compenser ces investissements ?

Non. Je ne suis pas, pour le moment, dans une ligue très haute. En autocross, on peut gagner environ 100 euros, mais cela ne suffit même pas pour le carburant. Si on n’est pas professionnel à très haut ni- veau, on ne gagne rien.

La suite de l’interview est à découvrir dans les pages de Femmes Magazine édition de février 2026.

Photos : ©Racing Women / Nathalie Neumann, Radical Cup UK à Donington Park, Septembre 2025 ©Racing Women / Jorden Dolischka et Nathalie Neumann, Radical Cup UK à Donington Park, Septembre 2025

Pour plus de femmes inspirantes

Inscrivez-vous à notre newsletter en suivant ce lien et savourez chaque semaine une sélection pensée pour vous : culture, style, inspirations et actualités, pour les femmes qui cultivent leur regard et leur temps.