Étape naturelle et inévitable dans la vie de chaque femme, la ménopause est pourtant encore régie par de nombreux tabous. Cette perturbation hormonale engendre de nombreux troubles tant physiques que psychologiques, pas toujours faciles à vivre, que les femmes concernées ont tendance à cacher.

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La ménopause est un phénomène naturel, définie par la cessation d’activité des ovaires et la disparition des règles, depuis au moins un an. « Elle survient en moyenne à l’âge de 50 ans. Elle peut être précédée par la préménopause qui est caractérisée par une irrégularité des cycles, qui débute vers 45 ans », note Antuaneta Tudorescu, médecin spécialiste en endocrinologie et diabétologie.

La ménopause : qu’est-ce que c’est ?

La préménopause indique les premiers changements corporels qui accompagnent les fluctuations hormonales. Ces changements se caractérisent principalement par une baisse des niveaux d’œstrogènes et de progestérone. Cette diminution a des conséquences directes sur le cycle menstruel qui commence à montrer des signes de perturbation. L’ovulation devient ainsi plus irrégulière. Au fur et à mesure que la préménopause progresse, la production de ces hormones diminue petit à petit, atteignant finalement des niveaux très bas. « La ménopause signe l’arrêt des sécrétions hormonales par épuisement du stock en follicules. En période d’activité génitale, les femmes sécrètent des œstrogènes et de la progestérone après chaque ovulation. À partir du moment où les follicules disparaissent totalement, il n’y a plus aucune sécrétion hormonale, c’est le début de la ménopause », détaille le docteur Brigitte Raccah-Tebeka, gynécologue-endocrinologue.

« Certaines femmes voient ce changement hormonal comme une véritable libération »

Bouffées de chaleur et autres troubles

La baisse de ces deux hormones reproductrices, les œstrogènes et la progestérone, va conduire à tout un tas de troubles néfastes tant sur le plan physique que psychologique. La ménopause est associée dans 50 à 70 % à un syndrome climatérique qui se traduit par des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, des douleurs articulaires notamment. « Selon les femmes, l’intensité et la fréquence de ces troubles varient. Aucun indicateur ne nous permet de savoir comment une patiente va vivre sa ménopause. Il y a certaines femmes qui voient ce changement hormonal comme une véritable libération puisqu’il signe l’arrêt de règles et de la contraception », explique le docteur Brigitte Raccah-Tebeka.

La carence hormonale suscitée par la ménopause provoque, dans certains cas, une sécheresse vaginale et des soucis urinaires (sensation d’incontinence et risque d’infections accrus). « À la ménopause, les muqueuses ne sont plus nourries par les œstrogènes. Celles-ci vont commencer à s’assécher et à s’affiner. Cette sécheresse vaginale peut occasionner des douleurs pendant les rapports sexuels », précise la gynécologue-endocrinologue. Sur le plus long terme, le déficit en œstrogènes va avoir un impact sur l’état osseux et la minéralisation osseuse. Les os deviennent plus fragiles et le risque de fractures augmente.

Brouillard cérébral

« Lorsque la femme est ménopausée, la chute soudaine de certaines hormones provoque un déséquilibre psychologique majeur avec des troubles du sommeil, un moral en berne et une fatigue importante. Les femmes concernées sont également plus irritables et davantage stressées », souligne le docteur Térésa Créa, chef du service d’endocrinologie, diabétologie et nutrition du CHR Metz-Thionville. Cette perturbation hormonale peut également chambouler notre pilosité et causer l’apparition de poils indésirables au visage.

« La ménopause va entraîner une nouvelle répartition des graisses »

Notre peau subit également quelques changements et devient plus fragile. Elle se dessèche et laisse apparaître rides et autres tâches de vieillesse. « Ces changements physiques, liés à l’apparence, vont également entraîner un mal-être important », poursuit le docteur Térésa Créa. Bien souvent, le début de la ménopause est associé à une prise de poids. Car le changement hormonal va entraîner une nouvelle répartition des graisses. Au lieu de se loger dans les cuisses et les hanches comme auparavant, elles vont se diriger davantage vers le ventre.

Oser en parler

Lorsque les troubles affectent trop le quotidien, il faut en parler à son médecin généraliste ou son gynécologue.Se faire accompagner pour vivre cette période au mieux essentiel. Il est tout aussi important de s’informer, avant même le début des symptômes. « Notre rôle, en tant que médecin et gynécologue, est d’essayer de dédramatiser au maximum cette période inéluctable dans la vie d’une femme. Nous avons des solutions thérapeutiques pour aider les patientes et ce, à chaque étape », rassure le docteur Brigitte Raccah-Tebeka, gynécologue-endocrinologue.

« Notre rôle est d’essayer de dédramatiser au maximum cette période »

Les différentes options de traitement vont venir soulager les symptômes climatériques pour que les personnes concernées vivent sereinement leur ménopause. « S’il n’y a pas de contre-indications, par exemple des antécédents de cancer, je suis favorable à un traitement hormonal d’une durée assez courte  », confirme Antuaneta Tudorescu, médecin spécialiste en endocrinologie et diabétologie. Le traitement hormonal reste la solution la plus efficace pour traiter les troubles liés à la ménopause. Celui-ci doit être prescrit après un bilan médical complet et doit être justement dosé. Un suivi médical, tout au long du traitement, est donc indispensable.

Les bienfaits du sport

Aborder avec sérénité l’arrivée de la ménopause, va permettre de mieux appréhender les troubles liés à ce changement hormonal. Il faut continuer à faire des activités qui nous font du bien et surtout, prendre du temps pour soi. « Les femmes sont en charge de leur ménopause. Voir cette étape de la vie avec optimisme est une force. Je crois aussi beaucoup en l’émulation entre amies, il faut oser en parler avec son entourage pour ne pas se sentir seules et trouver quelques conseils », conclut le docteur Brigitte Raccah-Tebeka. Une bonne hygiène alimentaire couplée à une activité physique régulière permet d’atténuer les symptômes de la ménopause. Marche rapide ou lente, natation, danse, yoga choisissez une séance qui vous permet de vous dépenser, mais surtout de passer du bon temps. Les exercices de sophrologie ou d’hypnose peuvent aussi vous accompagner et vous aider à passer le cap de la ménopause, en toute sérénité.