Addictions, sexualité et quête d’identité : un triptyque explosif qui rythme le quotidien des adolescents de la série Euphoria. Récemment nominée aux Emmy Awards, Zendaya dans le rôle titre sacrée Meilleure actrice pour une série dramatique et Drake à la production. Il n’en fallait pas plus pour nous rendre accro. Retour sur le phénomène série de l’année 2020.

De quoi parle-t-on ? 

Créée par Sam Levinson, co-produite avec le rappeur Drake et adaptée de la série israélienne éponyme, Euphoria connaît un succès démesuré. Et pour cause.

(Si vous n’avez pas vu la série, nous vous déconseillons de lire le reste de l’article, au risque de vous spoiler)  

Rue – brillamment interprétée par Zendaya qui prend là définitivement ses distances avec l’univers Disney – a 17 ans, est aussi lucide et torturée qu’elle est accro à la drogue. Et l’un est certainement lié à l’autre. Ado toxico, désabusée et cynique, elle replonge à peine sortie de sa cure de désintox. Arrivée au lycée, elle se lie d’amitié avec Jules, jeune femme transgenre. En quête de reconnaissance ou pour tester ses limites, elle enchaîne les rencontres et les plans glauques. On retrouve également au casting, Barbie Ferreira dans le rôle de Kay, figure d’empowerment et de Body positive qui claque cette punchline infiniment inspirante : “Rien n’est plus puissant qu’une grosse qui en a rien à f*utre”. Le ton est donné.

Côté réalisation, la photographie et la musique parviennent à rendre touchante des situations qui auraient rapidement pu virer au sordide. La voix de Rue en off fait office de narration et permet de remettre les choses en perspective. Au final, des personnages et des situations qui pourraient paraître clichés au premier abord, mais qui se révèlent tout en nuance, justement ancré dans leur époque. Car la série s’attèle à nous montrer les tumultes et la névrose de l’adolescence dans un monde où règnent réseaux sociaux, jugements et où le regard des autres fait la loi.

Critiquée mais récompensée

Notamment pour ses scènes de sexe et une nudité supposément excessive. Pourtant – et heureusement – Euphoria s’est pourtant pas laissée intimider. Aux côtés de séries comme Sex Education ou Elite (toutes deux disponibles sur Netflix), la co-production du rappeur américain offre aux ados, à leurs parents mais aussi et finalement à tout le monde, de poser un regard bienveillant et sans tabou sur cette génération qu’on s’efforce si souvent de caractériser sans jamais parvenir à la comprendre.  

Le casting de la série joue un rôle remarquable dans le succès de Euphoria. La mannequin trans Hunter Schafer interprète Jules. La star des longs métrages The Kissing Booth 1&2, Jacob Elordi, incarne quant à lui le rôle si souvent présent dans les programmes destinés aux ados, celui du beau-gosse sportif, Nathaniel, à la différence que ce dernier est particulièrement névrosé. Une image écornée de tous les stéréotypes du teen-movie, ici bien amochés par leur histoire respective.

Zendaya, une star et un Emmy en poche

Mais la réussite de la série réside bien évidemment dans l’interprétation parfaite de Rue par Zendaya Coleman. Plus connue sous le nom de Zendaya, la jeune femme qui a fait ses armes chez Disney est également actrice, mannequin, chanteuse et productrice. A tout juste 24 ans, elle vient de recevoir un Emmy Award pour la meilleure actrice dans une série dramatique. Son jeu de rôle, sa notoriété et son influence, notamment sur des débats de société comme le féminisme et Black Lives Matter ont fait d’elle une icône de la Gen Z, suivie par pas moins de 79,4 millions d’abonné·es.

Texte par Fanny Muet et Helena Coupette

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