La pièce de théâtre de Lars Norén Le 20 Novembre mise en scène par Véronique Fauconnet et assistée de Mahlia Theismann est actuellement jouée au TOL

Par Karin Santer

Le 20 novembre 2006, au Nord Ouest de l’Allemagne à Emsdetten, Sebastian Bosse, étudiant de 18 ans, pénètre armé dans son ancien lycée et tire sur ses professeurs et camarades, faisant de nombreux blessés. Il retourne ensuite l’arme contre lui pour se suicider. La veille de ce dramatique fait divers, Sebastian Bosse avait publié sur le net ses carnets intimes, cherchant à justifier son geste et c’est à partir de son journal que le poète et dramaturge Lars Norén a écrit un monologue. Véronique Fauconnet met en scène les pages de ses écrits. 

On retourne sur les bancs de classe, avec une scénographie de Marco Godinho pure et sobre, la scène n’étant composée que d’une table et d’une chaise noires entre des murs blancs, à la rencontre de ce jeune lycéen qui en veut à la terre entière. 

Trois magnifiques comédiens, Aude-Laurence Biver, Mika Bouchet-Virette et Jérôme Varanfrain, interprètent avec émotion et rage ce jeune homme, n’hésitant pas à nous menacer, nous fixer droit dans les yeux, nous parler doucement et posément pour ensuite crier et hurler sa détresse : « La vie qu’on vit chaque jour, c’est bien ce qu’il y a de plus pitoyable que le monde ait à nous proposer« . Avec leur palette de jeux, ces trois acteurs, tous vêtus de noir,  démontrent, avec subtilité, la difficulté de vivre de ce jeune allemand, qui, sans cesse se sent humilié et rejeté par un système éducatif dans lequel il n’a pas su trouver sa place. Ce mal-être qui le conduit à une folie meurtrière, accusant école et enseignants et annonçant qu’il va tout détruire en tirant !

Voyant ce jeune homme passer de l’exaspération à la colère jusqu’à la haine, ressentant les nombreuses tensions et sa souffrance, le spectateur est pris en otage dans ce théâtre qui est un lieu de rencontres, d’échanges et de réflexion ! De nombreuses questions affluent : pourquoi un tel acte ? Quel échec, quelle humiliation ou douleur fait que tout peut basculer d’un moment à l’autre et transformer un lycéen ordinaire en un fou, un assassin ?

Serait-ce le reflet d’une société malade qui fabriquerait des monstres ? Une pièce de théâtre coup de poing qui ne laisse pas indemne ! À voir absolument.


Cette pièce sera encore jouée les 14, 15, 16, 23, 27, 28 et 29 octobre à 20.00 heures et le 24 octobre à 17.00 heures au TOL.