Autrice et féministe, Bettina Zourli aime partager son amour pour la lecture et ses engagements. Elle a donc créé Les Comètes, un lieu d’échanges entre ses abonnées et des autrices et auteurs qui partagent ses valeurs.

Bettina Zourli ouvre la dance pour nos portraits du mois de la femme. À partir de cette semaine, chaque semaine mettra à l’honneur un portrait de femme inspirante que nous avons eu la chance de rencontrer. Cette fois, nous avons discuté avec Bettina Zourli, une autrice et féministe engagée, afin d’en apprendre plus sur elle, ses projets et sa vision du féminisme.

Pouvez-vous nous parler de votre dernier projet, Les Comètes ?

C’est un peu la suite, mais modifiée de la Fem box. Avec Fem box, je pouvais transmettre mes découvertes et faire connaitre des créatrices mais j’avais vraiment envie d’apporter un côté vivant. Et avec la Covid qui ne va sûrement pas se terminer tout de suite c’est un peu ambitieux de prévoir quelque chose en physique. Donc j’ai voulu créer une plateforme où je peux mettre en avant des personnes qui ont de chouettes valeurs à transmettre en développant des webinaires.

Comment choisissez-vous vos intervenant.es ?

« Premièrement, je fais une recherche au niveau des maisons d’édition pour avoir des maisons correspondant à mes valeurs, donc qui encouragent l’écriture inclusive ou les autrices. Là, le premier webinaire qui est validé, le 17 mars, sera avec Léa Castor qui est une autrice et dessinatrice. Son premier livre a été fait aux éditions Lapin, une édition qui met en avant des réflexions sur la transidentité, la sexualité etc. C’est aussi des personnes qui sont militantes sur les réseaux sociaux et qui ont un engagement très précis.»

Concrètement, pouvez-vous nous en dire plus sur le fonctionnement des Comètes ?

Tous les événements seront mis sur le site internet. Les inscriptions seront payantes à un prix accessible. L’idée est aussi de pouvoir rémunérer ces personnes militantes qui font du contenu souvent gratuitement sur les réseaux. Il y aura en général 40/50 personnes pas plus parce le but est que chacun puisse interagir, poser des questions, échanger pendant l’événement. Il va y avoir aussi un onglet e-shop pour mettre en vente les livres mis en avant pendant les webinaires. Et petit à petit agrémenter l’e-shop afin proposer des produits hyper éthiques, hyper engagés, et qui sont faits par des personnes engagées dans le féminisme.

La Fem Box continuera-t-elle en parallèle ?

« Comme le site va évoluer, le site de Fem box va disparaitre mais elle sera toujours disponible sur le site d’e-commerce. Je vais en faire une ou deux par an avec des box beaucoup plus travaillées, beaucoup plus spécifiques.»

Quel recul avez-vous sur Fem Box, un an après son lancement ?

J’ai beaucoup douté au moment du lancement en février dernier. Il y a vraiment eu un super écho. Les gens étaient ravis de ce qu’il y avait dans les box. Ça leur a permis de découvrir de chouettes marques européennes. Et ça a aidé beaucoup de personnes à décomplexer, à réfléchir sur des sujets qui sont encore perçus comme tabous ou en tout cas qui sont plus engagés que d’autres. C’est super !»

Votre présence sur Instagram vous a-t-elle aidé pour lancer Les Comètes ?

Je me suis rendue compte que 40% de mes client(e)s Fem Box vivaient en ville, mais surtout que 60% d’entre elles sont assez isolées dans des villages en Belgique, en France et au Luxembourg. Les réseaux sociaux sont très chouettes pour créer du contenu accessible peu importe l’emplacement. Nous sommes beaucoup de comptes militants à travailler au quotidien pour le féminisme. Le militantisme virtuel n’est pas moins important.

Aujourd’hui, quel regard portez-vous sur le féminisme ?

Depuis trois ou quatre ans, les réseaux sociaux ont permis un espace pour libérer la parole, pour amorcer de vrais changements sociétaux. Nous arrivons à un moment où nous nous prenons conscience d’être les victimes de ce système patriarcale, nous sommes des milliers. Notre discours est très construit, très avancé, nous passons maintenant aux actes pour modifier ce système bien gangréné par le sexisme. Forcément, ces actions entrainent des réactions hyper virulentes, très conservatrices. De mon point de vue, c’est une bonne nouvelle, cela veut dire qu’ils se sentent menacés, sinon ils n’en parleraient pas. Tout ça évolue dans le bon sens. Je le perçois sur mon compte principal @jeneveuxpasdenfants avec le nombre de personnes qui m’écrivent de manière positive.

Vous réalisez tous ces projets seule. Ressentez-vous une charge mentale ?

Dans la mesure où j’essaie de ne pas me limiter, je la ressens. Je suis consciente que je peux commettre des erreurs en n’utilisant pas le bon mot par exemple. J’essaie de rester spontanée. La charge mentale se fait ressentir parce que nous n’avons pas le droit à l’erreur. Sur Les Comètes, je vais essayer de ne pas donner la parole à des personnes déjà privilégiées, trouver une bonne balance. Tous les jours, j’entends « tu n’as pas parlé de ça, pourquoi tu ne soutiens pas tel ou tel combat ». Je fais ce que je peux en gardant en tête que je ne peux pas être partout. Nous avons tous 24h dans une journée.

Retrouvez tous les webinars de Bettina sur son site www.lescometes.net

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