Au commencement, il y a la peau. Premier lien entre le nourrisson et le monde, organe vivant encore immature, elle absorbe, protège et mémorise. Dans un environnement marqué par des expositions multiples et souvent invisibles, les premiers gestes de soin ne peuvent plus être considérés comme anodins. C’est de cette conviction qu’est née Fleurs de Peau, une marque luxembourgeoise de soins pour bébés et enfants fondée par Imen Pavant, infirmière de formation et mère de trois enfants. Pensée comme une démarche globale de prévention, Fleurs de Peau replace la santé, la cohérence et le respect du vivant au cœur du soin. Entretien.
Rédaction : Alina Golovkova / Photos ©Fleurs de Peau
Vous êtes infirmière de formation. Comment votre parcours dans la santé a-t-il conduit à la création de Fleurs de Peau ?
Mon parcours professionnel m’a permis d’observer, de très près, l’évolution des fragilités chez les enfants et le lien étroit entre environnement et santé. Au fil des années, j’ai vu apparaître de plus en plus d’allergies, de sensibilités cutanées, de troubles chroniques. Cela m’a profondément interpellée. Lorsque j’ai envisagé de me lancer dans une aventure entrepreneuriale, il m’a semblé essentiel de proposer une alternative réellement cohérente, qui ne contribue plus à un système que je jugeais contradictoire avec les enjeux sanitaires actuels.
« Mon parcours professionnel m’a permis d’observer, de très près, l’évolution des fragilités chez les enfants et le lien étroit entre environnement et santé. »
Imen Pavant, fondatrice de Fleurs de Peau
La maternité a-t-elle joué un rôle déterminant dans cette prise de conscience ?
Oui, sans aucun doute. Même si cette réflexion existait déjà dans mon parcours de soignante, devenir mère la rend beaucoup plus concrète. On devient plus attentive, plus exigeante, plus vigilante sur ce que l’on applique sur la peau de ses enfants. Fleurs de Peau est née de cette convergence entre la santé, la maternité et une conscience environnementale déjà bien ancrée.


Vous affirmez que le soin n’est jamais anodin. Pourquoi cette notion est-elle centrale dans votre démarche ?
La peau est notre premier lien au monde. Chez le nourrisson, elle est encore en construction : plus perméable, plus vulnérable, plus sensible à son environnement. Chaque geste appliqué sur la peau d’un bébé participe à son équilibre, aujourd’hui et demain. Dans ce contexte, continuer à considérer les soins pour enfants comme de simples produits cosmétiques n’est plus suffisant. Le soin devient un véritable acte de prévention.
Quelle est la philosophie fondatrice de Fleurs de Peau ?
Prendre soin sans jamais nuire. Cela implique de considérer la peau comme un organe vivant, de formuler des soins spécifiquement adaptés aux peaux sensibles des bébés et des enfants, d’exclure les substances controversées — notamment les perturbateurs endocriniens — et de limiter l’impact environnemental dès la conception. Chaque décision est intentionnelle, qu’il s’agisse des ingrédients, des emballages ou du discours porté par la marque.



Votre engagement environnemental passe notamment par la notion de circularité. Que recouvre-t-elle concrètement ?
La circularité est au cœur de la vision de Fleurs de Peau. Dans la nature, rien ne devient un déchet : tout retourne dans un cycle. Je me suis inspirée de ce principe pour penser la marque. Cela signifie produire en essayant de ne rien laisser derrière soi. Les soins, mais aussi les flacons, les bouchons et les étiquettes sont biodégradables et compostables. Rien n’a été laissé au hasard. J’ai d’ailleurs commencé par chercher le packaging idéal avant même de créer les formules, car il n’avait aucun sens de proposer des soins sains conditionnés dans des matériaux potentiellement toxiques.
« J’ai commencé par chercher le packaging idéal avant même de créer les formules… Dans la nature, rien ne devient un déchet : tout retourne dans un cycle. »
Imen Pavant, fondatrice de Fleurs de Peau
La première gamme, Utopia, se veut volontairement minimaliste. Pourquoi ce choix ?
Parce que les besoins essentiels de la peau des bébés sont simples. La gamme Utopia se compose de quatre produits : une eau nettoyante, une crème lavante corps et cheveux, un lait hydratant et un liniment. Pas de parfum, pas de superflu. Les formules sont certifiées biologiques, garanties sans perturbateurs endocriniens, et testées sous contrôle dermatologique et pédiatrique. L’objectif était de proposer une base saine, neutre et parfaitement adaptée à une utilisation dès la naissance.
Vous avez lancé une série de produits dits “imparfaits”. Quelle est l’histoire derrière ce concept ?
Lors de la première production, certaines étiquettes présentaient des défauts esthétiques liés à l’utilisation de matériaux innovants. Plutôt que de jeter ces flacons, nous avons choisi de les proposer à prix réduit. Les formules, elles, restent strictement identiques. C’est une manière d’assumer les réalités de la création responsable et de rester fidèle à notre engagement écologique, sans compromis.
Fleurs de Peau est aussi une aventure très personnelle et familiale. Était-ce une évidence ?
Oui, profondément. J’ai soigné pendant plus de quinze ans, en accompagnant des familles, des nouveau-nés, des personnes âgées. En devenant mère, j’ai dû faire des choix, mais je n’ai jamais quitté le soin. Fleurs de Peau me permet de continuer à soigner autrement, en amont, par la prévention. Mes enfants font partie intégrante de cette aventure ; ils ont grandi avec la marque, et cette dimension humaine est essentielle pour moi.
Où peut-on aujourd’hui trouver les soins Fleurs de Peau au Luxembourg ?
Les produits sont disponibles sur notre boutique en ligne, ainsi que dans plusieurs pharmacies et concept stores au Luxembourg. Le développement de points de vente physiques se fait progressivement, afin de répondre aux attentes des familles qui souhaitent découvrir les soins autrement que par le digital.
Comment résumeriez-vous Fleurs de Peau en une phrase ?
Une marque luxembourgeoise de soins pour bébés et enfants, pensée comme un prolongement du soin au sens le plus large, respectueuse du corps, du vivant et de l’avenir.






