La finance durable s’impose comme un levier stratégique pour concilier performance financière et impact concret. Pionnière en la matière, la place financière luxembourgeoise s’est dotée d’outils et d’initiatives qui la distinguent sur la scène internationale. À travers trois questions, Laetitia Hamon, Head of Operations and Sustainable Finance à la Bourse de Luxembourg, revient sur le rôle moteur de la Bourse de Luxembourg dans la promotion de la finance verte, l’apport du Luxembourg Green Exchange et les spécificités de l’écosystème luxembourgeois.

Rédaction : Marc Auxenfants / Photo © Luxembourg Stock Exchange

Quels sont les atouts de la finance durable en termes de performance et d’impact ?

Grâce à une gestion des risques plus holistique, à plus long terme, et à une meilleure anticipation des évolutions réglementaires, les instruments financiers durables offrent des performances compétitives, voire supérieures dans certains cas. Sur le plan extra-financier, ils permettent de financer directement des projets à fort impact environnemental ou social ou bien des entreprises moins exposées au risque climatique par exemple. Ceci renforce ainsi la contribution positive des portefeuilles d’investissement.

En combinant performance financière et impact concret, ces instruments offrent aux investisseurs la possibilité d’aligner leurs objectifs financiers, de mieux gérer leurs risques et de contribuer positivement.

Comment la Bourse de Luxembourg promeut-elle la finance verte ?

La Bourse de Luxembourg occupe une place pionnière dans la finance durable, notamment grâce au Luxembourg Green Exchange (LGX), la première plateforme au monde exclusivement dédiée aux titres durables, lancée en 2016. Son objectif est de mobiliser des capitaux pour soutenir la transition environnementale et contribuer aux Objectifs de développement durable. Depuis son lancement, LGX est passée de 113 obligations vertes à plus de 2300 obligations durables, représentant 1,3 trillion d’euros de dette en circulation en novembre 2025. Le LGX Data Hub rassemble pour sa part des données détaillées sur plus de 23 000 obligations durables dans le monde et met à disposition des investisseurs, des institutions internationales et des gestionnaires d’actifs des informations fiables et standardisées. Enfin, les services d’accompagnement LGX apportent un soutien personnalisé aux émetteurs, depuis la conception de cadres durables jusqu’à la préparation des rapports d’impact, consolidant ainsi le rôle de la Bourse de Luxembourg dans le développement de la finance durable.

Comment la place financière luxembourgeoise se différencie-t-elle dans ce domaine ?

Le Luxembourg s’est engagé très tôt dans la finance durable, avec la création de LuxFLAG en 2005 ou encore l’intégration de la finance durable comme pilier

stratégique de l’ALFI il y a une quinzaine d’années. L’émission du premier Climate Awareness Bond de la BEI en 2007, coté à la Bourse de Luxembourg, a aussi été un moment clé qui a accéléré la dynamique du pays dans la finance durable. Et le lancement de LGX en 2016 l’a vraiment positionné comme précurseur au niveau international. Aujourd’hui, il conserve cette longueur d’avance, notamment grâce à la création en 2020 de la Luxembourg Sustainable Finance Initiative et à l’émission du premier Sustainability Bond souverain en Europe.

Enfin, son écosystème fait sa force. Il y a une vraie coopération entre les autorités publiques, notamment le ministère des Finances et le ministère des Affaires étrangères, et un engagement très fort des associations professionnelles de la banque et de la finance.

Interview initialement publiée dans le Femmes Magazine n°273 de janvier 2026.