La 36e édition du Festival international de mode, de photographie et d’accessoires de mode de Hyères a livré son verdict, consacrant notamment le créateur en herbe Ifeanyi Okwuadi, lauréat du trophée ultime, le Grand Prix du jury Première Vision. Voici trois choses à savoir absolument sur ce Britannique encore méconnu du public, qui a livré une collection masculine tout en contrastes.

Bien moins colorée et décalée que la plupart des collections de ses concurrents, la ligne d’Ifeanyi Okwuadi a su convaincre le jury du Festival international de Hyères par les coupes ultra précises apportées à chaque pièce de ce vestiaire masculin, mais également par l’inspiration, loin d’être anodine, de son créateur. Un savoir-faire et un engagement qui ne devraient pas passer inaperçus dans le futur, et qui laissent penser que ce n’est que le début pour ce jeune créateur britannique.

L’art du tailoring

Il suffit de jeter un oeil à la collection d’Ifeanyi Okwuadi pour s’apercevoir que l’ensemble des silhouettes ont une chose en commun : l’art du tailoring, ou comment réinterpréter le costume le plus traditionnel qui soit en une pièce moderne et décontractée. Chose qui n’a sans doute pas laissé le jury indifférent au sortir d’une pandémie qui a relégué pendant des mois le costume au second plan. Dans l’esprit de ce qu’ont présenté les grandes maisons de luxe lors des derniers défilés, le tailoring n’est pas mort, loin de là, mais il renait dans sa version la plus moderne à ce jour, et surtout la moins contraignante.

Le créateur Ifeanyi Okwuadi a rempli ce contrat à la perfection, avec un savoir-faire et des coupes ultra précises qu’il doit notamment à sa formation… de tailleur à Savile Row, une rue londonienne connue depuis des siècles pour sa concentration de tailleurs. Avec ce Grand Prix du jury Première Vision en poche, le créateur en herbe pourrait redorer plus vite que prévu le blason du costume traditionnel masculin.

Une collection chargée en symboles

L’art du tailoring se mêle ici à merveille à des références militaires, bien que symbolisant la paix. Et pour cause, Ifeanyi Okwuadi dit s’être inspiré pour cette collection de la manifestation « Greenham Common Women’s Peace Camp », qui s’est déroulée de 1981 à 2000 – soit pas moins de 19 ans – au Royaume-Uni, et s’est traduite par l’installation d’un campement de protestation contre l’arrivée d’armes nucléaires dans le pays. 

Mais c’est aussi une collection tout en contrastes, car ces symboles sont associés à des accessoires régressifs. Pas étonnant pour une ligne baptisée « Take the Toys from the Boys » – autrement dit « Prenez les jouets des garçons » – qui met notamment l’accent sur des voitures miniatures que l’on retrouve sous la forme de broches ultra colorées. 

Quid de l’avenir ? 

Le Festival international de Hyères devrait, comme chaque année, être un véritable tremplin pour le créateur britannique de 27 ans, diplômé de la Ravensbourne University. Ifeanyi Okwuadi a empoché une bourse de création de 20.000 euros, et un projet de collaboration avec les Métiers d’art de la maison Chanel, sans parler de la visibilité que cette consécration va lui apporter. Entre engagement, savoir-faire, et créativité, la carrière de ce jeune designer ne devrait pas tarder à décoller.