Dernier jour de Fashion week parisienne. Défilés atypiques, palette solaire, décontraction, une mode plus responsable et moins genrée : voici les cinq choses à retenir sur la semaine du prêt-à-porter féminin printemps-été 2022 à Paris.

Des shows jamais vus

Balenciaga a inventé un nouveau format de défilé télé-réalité dont les invités Naomi Campbell, Anna Wintour ou Isabelle Huppert ont été les protagonistes. En empruntant le tapis rouge pour assister au défilé au théâtre du Châtelet, les invités ne soupçonnent pas qu’ils sont filmés et que les personnes présentes dans la salle les observent en temps réel. Les mannequins se mêlent au public qui devient alors le protagoniste. La soirée se termine par un dessin animé satirique sur les Simpson à Paris… au défilé Balenciaga.

Le Britannique Paul Smith commente lui-même chaque look après un concert. Les musiciens portent aussi les pièces de la dernière collection. Le défilé Dior démarre avec de la musique électro « live ». Les mannequins défilent ou restent statiques sur un podium à plusieurs niveaux.

Un hangar à l’aéroport du Bourget où se déroule le défilé Hermès s’ouvre sur une piste de décollage et les mannequins posent sur fond de ciel.

Du soleil !

Hermès décline le jaune dans toutes les nuances. « C’est une couleur du soleil, du blé, couleur de la femme. C’était important d’amener cette force« , souligne Nadège Vanhée-Cybulski, créatrice des collections femme. Dans l’univers punk et noir de l’Américain Rick Owens s’infiltre une veste fluide et jupe en queue de poisson dans un doux dégradé de jaune. Les chaussures à plateformes sont assorties.

Chez Balenciaga, sacs et écharpes jaune fluo ravivent les tenues, en grandes parties noires. Le Nigérian Kenneth Ize baptise sa collection « nouvelle aube » qu’il orne de touches dorées. Paul Smith introduit l’imprimé tournesol et décline le jaune dans un cardigan à rayures et chaussures plates.

Sportswear, cool

Le sportswear s’installe chez Dior avec des tissus comme le néoprène et des tenues inspirées du bowling, de la boxe ou du judo. Pendant la pandémie, « nous avons été enfermés et compris l’importance du sport, non pas au sens performatif, mais comme l’idée de se sentir bien« , explique la créatrice de Dior Maria Grazia Chiuri.

La collection d’Isabel Marant reprend les codes athlétiques et sexy des années 90. Les mannequins portent des bikinis et des brassières, comme sorties de « l’eau pour rejoindre la ville ». Les robes noires de Yohji Yamamoto deviennent aussi plus fluides et sont portées sur des leggings.

« Sortir du cliché de la virilité »

Des décolletés et paillettes pour hommes chez Lanvin et Balmain, jupes pour tous chez Raf Simons, talons chez Balenciaga : si les femmes se sont appropriées depuis longtemps le vestiaire masculin, les hommes leur piquent de plus en plus le leur.

« Il y aura toujours des hommes ‘antiques’, dans le cliché de la virilité, l’autorité, mais il y a aussi beaucoup d’hommes qui ont envie d’en sortir« , a déclaré le créateur de Balmain, Olivier Rousteing.

Enfants Riches Déprimés, marque du créateur américain Henry Lev, propose une collection unisexe avec du cuir, des blouses noires brodées et transparentes ainsi que des grandes plateformes pour se chausser pour lui et pour elle.

Recyclage

Désormais, la démarche écoresponsable se chiffre. Draps de lits, torchons de cuisine ou des matières recyclées à la fibre : la collection de Marine Serre est faite « à 90% » à partir de matériaux recyclés, achetés en stocks non utilisés ou régénérés, contre 40% il y a quatre ans. Gabriela Hearst, créatrice de Chloé, dit utiliser 58% de matériaux à faible impact environnemental.

95,2% des tissus de la collection Balenciaga « sont certifiés durables« , comme le cuir végétal fabriqué à partir de fibres dérivées de cactus et de biopolymères. Botter, marque du duo néerlanais Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter, utilise un matériau haut de gamme créé à partir de déchets plastiques marins recyclés.