Les câlins peuvent-ils soigner ? Le 21 janvier, le monde célèbre le « hug day », comprendre « jour du câlin ». Cette journée a été instaurée au milieu des années 1980 par le révérend Kevin Zaborney pour lutter contre le blues du mois de janvier. Depuis, les câlins et leurs bienfaits sur notre moral et notre santé sont décortiqués par la science à travers de nombreuses études et servent même de thérapies.

Les bienfaits du câlin ne sont plus à prouver. « Quand on fait un câlin, on libère de l’ocytocine, on éprouve alors une sensation de bien-être », explique Alie Valérie Hébert-Gentile, câlineuse professionnelle basée au Québec. La science s’est penchée à plusieurs reprises sur les bienfaits d’un câlin. En novembre dernier, des chercheurs britanniques s’étaient même posé la question de la durée optimale d’un câlin. Selon eux, une accolade de cinq à dix secondes est idéale pour se sentir mieux. 

Faire un câlin permettrait de booster son système immunitaire et de se protéger de la grippe. C’est le résultat d’une étude réalisée par un psychologue américain en 2014. Son équipe a découvert que « les câlins agissaient comme une forme de soutien social, protégeant les personnes stressées contre la maladie ». « Un soutien social plus important et des câlins plus fréquents protégeaient les personnes contre la susceptibilité accrue aux infections associée au stress et entraînaient des symptômes de maladie moins graves ». Selon cette étude, le contact entre deux personnes permet de renforcer les anticorps et donc lutter contre les maladies.

Les bienfaits sont tels que des thérapies à base de câlins voient le jour un peu partout dans le monde. Baptisée sobrement « calinothérapie », cette thérapie de confort « passe par des contacts physiques doux et lents ». Adepte de ces rapprochements, Alie Valérie Hébert-Gentile a créé en 2018 Calia son centre de câlinothérapie. « Au Québec, on ne peut pas avoir le titre de câlinothérapeute », regrette Alie, qui se définit comme une « câlineuse professionnelle ». 

Comment pratiquer la câlinothérapie ? 

Les séances peuvent se dérouler individuellement ou collectivement. Avant de tomber dans les bras des uns et des autres, les ateliers sont animés par un câlinothérapeute. « Il s’agit d’instaurer un ‘safe place' », explique Alie Valérie Hébert-Gentile. Cette étape se résume en un acronyme : REELS. Chaque accolade est « Réversible », c’est-à-dire que la personne peut changer d’avis à n’importe quel moment ». Elle doit être « Eclairé », un participant sait précisément ce qu’il accepte. Il doit avoir envie de faire le câlin, donc être « Enthousiaste » et « Libre ». Enfin, il est « Spécifique » : « le ‘oui’ n’est valide que pour les limites choisies », explique la câlineuse professionnelle.  

Une fois les limites instaurées, les patients peuvent se prendre dans les bras. « Un câlin peut être une accolade, mais en fonction des besoins, cela peut se matérialiser par une main sur l’épaule », souligne Alie. 

Quid de la câlinothérapie en temps de Covid ? 

Depuis le début de la pandémie, la spécialiste observe une baisse de fréquentation. « On a dû fermer pendant un temps, explique-t-elle, les gens avaient plus peur de la Covid-19 que besoin d’un câlin ». Pour limiter les risques, la jeune femme a conçu un « calainier », une paroi en plastique et en tissu, avec un espace pour passer les bras. « Cela permet de sentir le contact de l’autre et même sa chaleur », sourit la spécialiste. Il est également possible de prendre rendez-vous en ligne. À ce moment, pas de câlin 2.0 mais la possibilité de parler « librement et sans jugement ».