Dans son spectacle « Future Grande », l’humoriste Elodie Arnould raconte son passage à l’âge adulte. Entre la naissance d’un enfant, sa vie de famille, son métier d’humoriste et son côté tête en l’air, elle dépeint sa vie avec autodérision. Son penchant potache, qui lui a servi de protection lorsqu’elle était en école d’ingénieur, reste sa marque de fabrique, même en vacances.

Il est rare de croiser Elodie Arnould à Paris en semaine. Son attachée de presse nous avait prévenus. « C’est le samedi ou en visioconférence malheureusement ». L’humoriste de 34 ans se produit sur la scène de l’Apollo Théâtre tous les samedis soirs avec « Future Grande ». Un spectacle d’une heure et quelques sur la maternité, la naissance de son enfant — qu’elle nomme « Progéniture » pour garder l’anonymat — ou encore de son ancien travail dans l’ingénierie. Elle y déroule sa vie de jeune femme bousculée par le passage à l’âge adulte, sur lequel elle fait preuve d’autodérision sur fond de blagues potaches.

D’une énergie vivifiante et le sourire facile, Elodie Arnould badigeonne toujours ses réponses d’un trait d’humour, révélant au passage quelques informations sur sa vie privée et sa carrière. Trait de personnalité ou déformation professionnelle ? Les deux, sûrement. 

Un humour potache « plus efficace »

Cet humour potache, très « instinctif » prend racine dans ses années d’ingénieur. « Comme j’ai fait une école d’ingénieur, on est exposé à la chose pendant cinq ans. T’es avec des garçons fans de bagnoles, de motos et de mécaniques. Tu te fais taquiner. Pour m’en sortir, j’ai développé cet humour. Il fallait que je sois pire qu’eux », se remémore-t-elle, assise sur la scène de l’Apollo. Un style « efficace » qu’on lui reconnaît et qu’elle oppose à un « humour jazz ». « Quand tu dis ‘ah c’est pas mal’, que tu passes un bon moment mais que tu ne rigoles pas ». Cet humour feutré et intelligible ne lui parle pas. A la sortie de l’INSA, elle entre chez EDF à Marseille et démarre en parallèle le théâtre. De fil en aiguille, elle prend des cours d’improvisation, écrit des sketchs et rôde dans des « comedy clubs » de la cité phocéenne. Mutée à Lyon, elle continue son tour des cafés-théâtres et possède assez de blagues pour jouer un spectacle d’une heure au moins.  Elle est programmée sur différentes scènes à Marseille et Lyon tout en continuant son métier d’ingénieur. « Les deux activités étaient totalement compatibles. J’étais à EDF, je le rappelle », ironise-t-elle. 

C’est au Boui Boui, café-théâtre lyonnais, qu’Elodie Arnould solidifie sa carrière et change de dimension. Sur scène cinq fois par semaine durant neuf mois, « tu comprends ce qu’est le métier ». « Que ce soit devant dix, cinquante ou deux personnes, tu joues ».

« Mon chéri ne veut pas être exposé et mon fils n’a rien demandé »

Quand on la rencontre ce samedi à l’Apollo, elle porte valise et sac à dos, jouera son spectacle dans la soirée et repartira dans la matinée dominicale pour la région lyonnaise. Elle reste et restera une région d’attache. L’ex-ingénieur y a grandi et y vit dorénavant avec son compagnon et son enfant. Une organisation millimétrée, puisque son concubin « a un vrai métier ». D’ailleurs, ils resteront nommés ainsi. « Mon chéri ne veut pas être exposé et mon fils n’a rien demandé », déclare celle qui fait « super attention » à sa vie privée. Assise dans un siège rouge du théâtre, Aline Chap, son attachée de presse et amie dans la vie, raconte la fois où elles ont été suivies par un spectateur tordu à la fin d’une représentation. « Un qui t’aime un peu trop. » Alors les deux femmes veillent à verrouiller ce côté-là de la vie privée.

En revanche, Elodie Arnould évoque sa personnalité, surtout ses défauts, sans appréhension. Pull pistache et jean clair, la trentenaire est tête en l’air et « se laisse vivre » comme dirait sa mère. Impossible de rester concentrée plus de 45 minutes — doit-on accélérer l’interview ?—, elle s’éparpille, bouge sans cesse. Elle se décrit d’ailleurs comme une « vraie bordélique ». 

On comprend l’influence de ses grimaces qu’elle puise chez le Jim Carrey clownesque et verdi de « The Mask ». On imagine que son goût pour la danse et le chant provient de « Grease », son film préféré, qui l’a amené à intégrer une troupe de danse new style pendant 5 ans durant ses études. « Après je ne suis pas Beyoncé ».

Potacherie étalée en crème solaire, « je suis la meuf qui va faire la blague à la personne d’à côté, même en vacances. Je suis plutôt comme ça dans la vie ». Elle demande confirmation. « Aline, je suis plutôt comment ça, non ? »