Pionnière de la bande dessinée, Claire Bretécher s’est illustrée par son style graphique unique, sa liberté et son humour.

Un regarde décalé sur la société qui lui vaudra selon Roland Barthes, le titre de « sociologue de l’année » en 1976. Observatrice détachée de son époque, elle en croque les travers avec une immense autodérision. Aux débuts des années 1960, après avoir laissé tombé les Beaux-Arts, elle enseigne le dessin et livre des illustrations aux journaux du groupe Bayard. « Le dessin de presse, les strips, la BD, peu importe, je voulais dessiner et mon but était de manger grâce à ça », expliquait-elle. Des Gnangnan à Cellulite, des Frustrés à Agrippine, de Spirou à l’Echo des savanes, de Pilote au Nouvel Observateur, elle crée une galerie de personnages qui lui permettent de s’attaquer à des sujets de société qu’elle aura très souvent identifiés bien avant la plupart de ses contemporains.

Touche-à-tout, elle pratique également avec talent la peinture, produisant une série de portraits saisissants de ses proches et d’autoportraits sans concession. « Personnalité aussi dérangeante qu’attachante, Claire Bretécher a tracé un chemin unique dans la bande dessinée » a affirmé son éditeur dans un communiqué.