L’artiste performeuse et féministe donnait mercredi soir une conférence à Neïmenster, intitulée « Le sexe-caméra », en présence de Ainhoa Achutegui, directrice du centre culturel et de la philosophe de la pensée féministe, Geneviève Fraisse. L’occasion de revenir sur l’oeuvre de l’artiste et sur son engagement à travers le thème récurrent de la place du sexe féminin dans le regard du public, et plus largement des représentations du corps des femmes dans la société.

C’est sous l’œil attentif de la philosophe de la pensée féministe, Geneviève Fraisse, que Deborah de Robertis a pris la parole. Un discours d’une trentaine de minutes pendant lequel elle a pu revenir sur la genèse de son travail et sur son engagement féministe. Des artistes des années 70 dont on retrouve la même intention de perturber les codes existants dans ses œuvres, à ses propres performances devant L’Origine du monde ou plus récemment, au centre de l’hémicycle du Parlement Européen, Deborah de Robertis entend bousculer le regard apposé sur le sexe féminin en l’incarnant. Ainsi elle pose la question de la réciprocité absente dans ces œuvres majeures, finalement faîtes par et pour des hommes. En se mettant en scène, l’artiste dépasse le statut d’objet pour devenir sujet à part entière.

Elle interroge ainsi les raisons du choc médiatique qu’elle provoque. Cette « rupture dans l’acte de contempler » par la vue du sexe qui s’impose dérange parce qu’il renverse les codes dominants d’une société encore patriarcale. Au-delà de son œuvre la plus célèbre, Geneviève Fraisse a tenu à rappeler que l’artiste était également écrivaine. Une façon de dépasser le seul carcan de la performance et de légitimer son engagement.