Pour les PME, professions libérales et indépendants, la cyberattaque n’est plus une hypothèse : une entreprise est statistiquement 21 fois plus susceptible d’en être victime que d’un incendie. Le risque cyber a supplanté les risques traditionnels, menaçant directement la survie de l’entreprise et sa réputation. La question n’est plus de savoir si l’on sera attaqué, mais quand. Face à ce constat, le secteur assurantiel doit opérer une transformation profonde.


Tribune rédigée par Emeline Rodriguez, Conseiller à la Direction chez LALUX Assurances

La digitalisation des activités a créé une dépendance totale. Un seul incident peut paralyser l’ensemble des outils, bloquer l’accès aux données vitales et provoquer des pertes financières immédiates, avec un coût moyen estimé à 60 000 € par attaque. Pourtant, la menace la plus redoutable provient souvent de l’erreur humaine : un clic sur un lien frauduleux, un mot de passe faible ou une négligence dans la mise à jour des logiciels. Les cybercriminels ont industrialisé leurs méthodes. Ils ne ciblent plus seulement les grandes entreprises, mais s’attaquent désormais aux artisans, indépendants, PME et administrations communales, souvent perçus comme des portes d’entrée vulnérables.

Rançongiciels, hameçonnage, ingénierie sociale : la palette des techniques ne cesse de s’affiner, exploitant la moindre faille pour paralyser une activité entière. Il est temps de briser le mythe du « risque zéro. » Aucune mesure technique, aussi robuste soit-elle, ne garantit une immunité absolue. La cybersécurité doit être appréhendée comme une gestion du risque résiduel – un système vivant d’anticipation, de détection et de réponse.

C’est précisément là que réside la rupture avec le modèle assurantiel traditionnel. Longtemps cantonné à indemniser après le sinistre, le secteur doit aujourd’hui assumer un nouveau rôle : ne plus simplement réparer les dégâts, mais aider l’entreprise à ne pas les subir. Protéger, ce n’est plus seulement couvrir des pertes – c’est accompagner avant, pendant et après l’incident. Idéalement, la prévention commence avant même l’entrée en couverture, en réalisant un diagnostic d’exposition aux risques qui identifie les vulnérabilités critiques en amont. C’est sur cette base que la protection se construit, complétée par la sensibilisation des équipes via des simulations d’attaques réelles. Cette approche doit être accessible aux plus petites structures, avec des mécanismes de souscription simplifiés qui ne sacrifient pas la profondeur de la couverture.

En cas d’incident, une réaction immédiate devient indispensable – car chaque heure perdue amplifie les dégâts financiers, opérationnels et réputationnels. Intégrer la cybersécurité comme un pilier stratégique, c’est assurer l’avenir de l’organisation. Ce n’est pas une dépense, mais un investissement dans la pérennité de l’entreprise, la protection des collaborateurs et la confiance des clients. Ne subissons plus les cybermenaces, anticipons-les, réagissons vite et reconstruisons rapidement.

Tribune initialement paru dans Femmes Magazine juillet & août 2026

Photo de couverture : Emeline Rodriguez

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