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Quand les masques tombent…

Jeudi 14 mars 20. Nous avons rendez-vous au Théâtre National du Luxembourg, où se joue la première du Dieu du Carnage, de Yasmina Reza, mis en scène par Frank Hoffmann, assisté de Patrick Gafron.

Cette très belle pièce s’ouvre sur la rencontre de deux couples qui ne se connaissent pas, suite à une rixe entre leurs deux garçons de 10 ans lors de laquelle l’un a été défiguré et ses deux incisives brisées !  Voulant régler avec bienveillance ce litige entre adultes bien éduqués, la situation dérape et s’envenime ! Pourtant, tout commence sereinement. Les parents de Ferdinand, Annette et Alain reconnaissent sans difficulté la culpabilité de leur fils. Pourtant, au cours de la discussion, Alain, avocat peu scrupuleux d’une entreprise pharmaceutique, ne cesse de répondre à de nombreux appels sur son portable, ce qui a l’art d’énerver, non seulement son épouse, Annette, qu’il appelle toutou et qui paraît totalement dépassée par les événements mais également Véronique, la mère de Bruno, l’enfant blessé, qui, elle, en tant que grande humanitaire qui, à ce titre, est en train de rédiger un livre sur le Darfour, ne peut contenir son calme et tout part en vrille….
Malgré un gros bouquet de tulipes, des livres d’art, le partage d’un clafoutis pourtant savouré au début, tout explose entre ces deux couples dans un premier temps, puis entre maris et femmes, et enfin, entre les hommes et les femmes : Alain, qui ne cache pas son sentiment de perdre son temps, Annette qui se met à vomir partout dans le salon, Véronique qui n’en finit pas avec ses discours moralisateurs sur la bonne éducation et son époux Michel qui a eu la cruauté d’abandonner le hamster de sa fille sur le trottoir….

Un quatuor en parfaite harmonie

Le succès de la pièce tient également dans le quatuor d’acteurs, qui fonctionne à merveille : Valérie Bodson joue magistralement cette Véronique moralisatrice, Serge Wolf est épatant en vrai gentil qui veut tout arranger et qui pourtant se débarrasse froidement du hamster, Jeanne Werner est parfaite en interprétant cette Annette complètement dépassée et François Camus est excellent en étant cet avocat qui se contrefiche de tout !
Cette pièce admirablement mise en scène démontre l’insatisfaction désastreuse de tout ce beau monde qui, en apparence, semble avoir une vie si lisse, si parfaite… Trop parfaite ! Le huis clos et ses codes sont parfaitement maîtrisés. Tout comme cela avait été le cas lors de son adaptation cinématographique par Roman Polanski.
Magnifique pièce à voir les 20, 21 et 22 mars, les 4, 5 et 6 avril à 20h, et le 7 avril à 17h au Théâtre National du Luxembourg.
Renseignements et réservations sur www.tnl.lu.

Karin Santer

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