Classement sans suite n’est pas le récit d’un cas isolé. La pièce se présente comme une histoire universelle, celle de toutes les personnes victimes de violences sexuelles qui, un jour, décident de pousser la porte d’un commissariat et d’entrer dans le labyrinthe judiciaire. Quels que soient l’âge, le genre, l’origine sociale, le lien avec l’agresseur ou le contexte des faits, la trajectoire reste souvent la même : celle d’un combat long, éprouvant, et trop fréquemment interrompu avant d’aboutir.
© Jérémy Pletinckx et Mael Crespo
Sur scène, cinq comédien·ne·s incarnent les grandes figures de ce parcours : la victime, l’agresseur, l’entourage, les associations de soutien et les institutions policières et judiciaires. Chacun·e d’entre eux endosse son rôle dans toutes ses déclinaisons possibles, brouillant volontairement les repères pour mieux déconstruire les stéréotypes. Ainsi, un même acteur peut successivement incarner un agresseur jeune ou plus âgé, proche ou inconnu, reconnaissant ou niant les faits, rappelant que les violences sexuelles ne répondent à aucun profil unique.
La force du spectacle réside précisément dans cette pluralité : Classement sans suite parle de toutes les histoires à travers une seule. La mise en scène renvoie le public à une réalité collective, celle d’une société encore imprégnée de préjugés, où la culture du viol persiste, et où la parole des victimes peine à être pleinement reconnue. Si des progrès ont été réalisés dans l’accueil et l’accompagnement, la justice demeure, dans de nombreux cas, peu encline à la réparation et à la restauration des personnes concernées.
En donnant corps aux silences, aux doutes et aux renoncements imposés par les procédures, la pièce interroge frontalement notre rapport à la justice, à la responsabilité et à l’écoute. Elle invite aussi à ne pas détourner le regard.
À l’issue de la représentation, un bord de scène viendra prolonger cette réflexion. L’association La Voix des Survivant·e·s (LVDS) échangera avec le public afin de répondre aux questions et de sensibiliser au parcours des victimes de violences sexuelles. Seront présentes : Ana Pinto, présidente de LVDS, Stéphanie Makoumbou, membre du comité et avocate, ainsi qu’Apolline Ullens de Schooten, sympathisante de l’association et auteure de En un verre tellement de vies… (éditions Le Lys Bleu).
Informations pratiques
- Date : Jeudi 18 décembre
- Heure : 19h30
- Lieu : Salle Robert Krieps
- Représentation suivie d’un bord de scène avec l’association La Voix des Survivant·e·s


