En mai, il faudra planifier une soirée au théâtre pour découvrir la toute dernière pièce de l’autrice et metteuse en scène roumano-luxembourgeoise Larisa Faber. Jouée en anglais au Théâtre des Capucins, The Land We Shared mêle une histoire personnelle à un moment historique et politique précis : celui de la Roumanie communiste.

Propos recueillis par Margot Houget

La metteuse en scène primée signe une pièce à mi-chemin entre documentaire, musique live et récit semi-autobiographique. Elle nous plonge dans un pan de l’Histoire relativement méconnu du grand public : la dictature communiste roumaine.

Nos cinq questions à Larisa Faber

1) Vous avez de nombreuses cordes à votre arc dans le milieu du spectacle. Lesquelles sont mobilisées pour The Land We Shared ?

Larisa Faber : Je suis l’autrice et la metteuse en scène du spectacle. J’écris principalement pour le théâtre, et seulement si je parviens déjà à imaginer à quoi la pièce pourrait ressembler sur scène. Dans une certaine mesure, c’est un seul métier, ou deux métiers intimement liés. Si je n’ai pas de concept pour un spectacle, je ne l’écris pas.

« Je trouve que la musique live permet d’exprimer une palette d’émotions beaucoup plus large. »

2) La pièce est décrite comme un format hybride, mêlant théâtre documentaire, autobiographique, récit historique et musique live. Qu’est-ce qui a motivé à faire ce choix de format ?

Le spectacle s’enracine dans une histoire personnelle et dans un moment historique et politique précis, mais je voulais qu’il soit accessible à un large public, et pas seulement aux personnes familières avec la Roumanie communiste. Il fallait apporter suffisamment de contexte historique à celles et ceux qui ne le connaissent pas, sans pour autant en faire une leçon d’histoire.

La musique occupe une place centrale dans tous mes spectacles, donc cela allait de soi. C’est exaltant d’avoir des musiciens et des chanteurs sur scène. Je trouve que la musique live permet d’exprimer une palette d’émotions beaucoup plus large.

3) Le spectacle aborde votre héritage roumain, l’histoire mouvementée de la Roumanie, un deuil personnel et les liens familiaux. Concrètement, quel(s) personnage(s) le spectateur va-t-il suivre tout au long de la pièce ?

La pièce met en scène une jeune femme vers la fin de la trentaine, sa grand-mère et son père. On la découvre d’abord enfant, puis à l’âge adulte.

4) Qu’est-ce qui a été le plus difficile à mettre en scène dans ce projet ?

Probablement l’équilibre entre les informations historiques et politiques. Je ne voulais pas que le récit soit sec ou moralisateur. Ces éléments devaient s’intégrer naturellement à l’histoire. Une grande partie s’exprime à travers des blagues, qui constituaient souvent l’un des seuls moyens d’évacuer le stress psychologique causé par la dictature. La plupart des gens n’avaient que très peu, au sens propre comme au figuré. Très peu de choix. Presque aucune autonomie. Placer la situation sur le ton de la plaisanterie était une façon de faire face.

5) Un spectateur qui découvre The Land We Shared doit-il s’attendre à rire, à pleurer… ou les deux à la fois ?

Idéalement les deux, parfois même simultanément, comme dans la vie elle-même.

Informations pratiques

Où ? Théâtre des Capucins, 9, place du Théâtre, 2613 Luxembourg

Quand ? Jeudi 7 mai, mardi 12 mai, mercredi 13 mai, dimanche 17 mai, mardi 19 mai

Prix ? Adultes 20€, 15€, 8€
Jeunes 8€
Kulturpass bienvenu

Réservations et informations ici

Photo de couverture : Jeannine Unsen

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