Originaire d’Autriche, Christine Theodorovics, qui a grandi et étudié à Vienne avant de prendre le large, garde des liens forts avec son pays natal, à la fois pour le travail et la famille. C’est en Suisse qu’elle est entrée, il y a 26 ans, dans le monde de la finance avant d’évoluer dans celui de l’assurance. Elle devient en 2023 CEO de Baloise Luxembourg. Dans son temps libre, elle cultive le goût du sport et des voyages, jonglant depuis toujours avec trois hobbys : la plongée, la course et l’alpinisme. L’Himalaya est la destination de cœur de celle qui adore la montagne pour son atmosphère encore plus que pour ses sommets et qui veut profiter pleinement de la vie. Elle se raconte ouvertement et en toute simplicité.


Rédaction : Karine Sitarz

Dans quel environnement avez-vous grandi ? Y a-t-il un souvenir de l’enfance qui vous accompagne ?


J’ai grandi avec un frère à Vienne, une grande ville mais en même temps un environnement assez tranquille. J’ai eu une belle enfance avec beaucoup de liberté et de temps passé entre champs et montagnes. Mais à l’époque, Vienne n’était pas la ville qu’elle est aujourd’hui, elle restait marquée par la présence des troupes alliées. Je suis née 13 ans après leur départ, on était toujours dans la période post-guerre, assez isolé, car l’Autriche ne faisait pas encore partie de la Communauté européenne. Par ailleurs, la situation des femmes était singulière, ce n’est qu’en 1975 qu’il y a eu une grande réforme du droit de la famille. À l’époque où j’allais à l’école, les femmes n’avaient pas le droit de signer seules un contrat de travail, il fallait le consentement du mari, le chef de famille. Je n’ai pas ressenti cela avec ma mère et mon père, mais c’était la réalité, c’était l’Autriche où je grandissais. Et quand j’étais adolescente, j’ai voulu devenir pilote, la compagnie nationale m’a répondu que ce n’était pas possible pour une jeune femme.

À l’époque, quels étaient vos hobbys ?

J’adorais déjà le sport, je faisais du cheval, je jouais au basket – pas si étonnant avec mes 1,80 m – le relais est pris par ma nièce et mes neveux et ceux de mon partenaire. J’ai aussi passé énormément de temps à la montagne, en randonnée ou à skier, car ma mère venait de là, je suis montée sur des skis avant mes trois ans !

« Vivre la vie pleinement, dans le privé comme dans le professionnel : Live life fully. »

Quelles ont été les étapes marquantes de votre parcours ?


Quand j’ai commencé mes études en économie et commerce, Vienne n’était pas encore très cosmopolite et il y avait peu d’échanges internationaux, mais j’ai eu la chance de passer un an au Canada, j’y ai écrit ma thèse en anglais et j’ai même pu skier dans les Rocheuses (rires)… Après l’obtention de mon MBA à Vienne, j’ai fait des stages à Paris, travaillé à Bruxelles au moment même où l’Autriche rejoignait la Communauté européenne avant de mettre le cap pour cinq ans sur l’Allemagne. En 2000, j’ai rejoint la Suisse mais j’étais souvent à l’étranger.

C’est à ce moment-là que vous faites vos premiers pas dans la finance ?


Oui, j’ai commencé au Crédit Suisse, mais depuis 2004, j’évolue dans l’assurance. J’ai démarré chez Swiss Life, pour laquelle j’ai créé des antennes à Singapour et Dubaï, l’une de mes expériences les plus marquantes de l’époque, un peu comme si j’avais lancé des start-up. En 2011, j’ai rejoint Zurich Insurance, pour la pre- mière fois dans des comités exécutifs. J’ai ensuite œuvré pour Axa et depuis 2023, je suis CEO chez Baloise Luxembourg. En décembre dernier, Baloise et Helvetia ont fusionné, devenant le plus grand assureur multiline en Suisse. Mon périmètre s’est donc élargi et, à côté du Luxembourg, j’ai désormais la responsabilité de l’Autriche et de l’Italie dans le comité exécutif du groupe.

Comment conciliez-vous vie professionnelle et vie privée ? Les voyages et le sport gardent- ils une place dans votre vie ?

Je veille à prendre des vacances, j’utilise mon temps libre pour faire d’autres choses et pouvoir récupérer. Le sport fait toujours partie de ma vie, le ski surtout, l’alpinisme et la plongée. Je voyage aussi beaucoup. Les jours de travail, j’essaie de courir pour me ressourcer – plus jeune, je participais à des marathons. Chacun doit trouver le moyen de recharger ses batteries, car avec la charge de travail que nous avons, nous devons rester en bonne santé, psychologique et physique.

Photo de couverture : David Angeletti


L’intégralité de l’article est à découvrir dans les pages de Femmes Magazine édition mai 2026

Pour plus d’interviews

Inscrivez-vous à notre newsletter en suivant ce lien et savourez chaque semaine une sélection pensée pour vous : culture, style, inspirations et actualités, pour les femmes qui cultivent leur regard et leur temps.