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Ilana Devillers : « Luxembourg est un pays génial pour les startupers »

Ilana Devillers et Xenia Ashby ont lancé, mi-janvier dernier, l’application F4A sur Google Play, la toute première application destinée à lutter contre le gaspillage alimentaire. Les deux jeunes startupeuses luxembourgeoises de 26 ans ont travaillé durant trois ans pour voir cette idée, née au cours de leur parcours universitaire, devenir réalité.

Nous avons rencontré Ilana, afin d’évoquer la genèse de ce formidable projet, dont l’application a été téléchargée par 600 utilisateurs, et qui a déjà généré une communauté de 3000 followers.

S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir de votre parcours, ce serait ?

L’expérience que nous a apportée ce F4A. Devenir entrepreneur, du haut de nos 26 ans, nous paraît incroyable. C’est certes très stressant, mais exceptionnel. Nous avons eu également la chance de pouvoir lui donner vie, ici, au Luxembourg, qui est un pays génial pour les startupers. Les connexions se font très facilement, du fait de sa petite taille. Même les démarches administratives y sont facilitées.

Devenir entrepreneur était une évidence ?

C’est un concours de circonstances. Je me destinais à devenir avocate en droit des affaires. Quelques stages en cabinet ont suffi à me faire comprendre que ce métier n’était pas pour moi. Même si, lorsque l’on est entrepreneur et que l’on doit vendre son projet, les ressorts sont presque les mêmes que ceux utilisés lors d’une plaidoirie.F4A est né face au constat de l’incroyable gaspillage alimentaire engendré par les grandes surfaces. Quand nous étions étudiantes, il était fréquent que nous soyons contraintes de « mal » nous nourrir à partir du milieu du mois, pour cause de budget serré. En 2015, le scandale des supermarchés qui javellisaient les invendus proches de la DLC (date limite de consommation, ndlr.), pourtant propres à la consommation; nous a mis la puce à l’oreille. Certains de nos amis organisaient des dîners mitonnés à partir de denrées récupérées dans les poubelles des grandes surfaces : nous n’avons jamais été malades pour autant. Nous nous sommes alors dit qu’il y avait quelque chose à faire.

Quel est le concept de F4A – pour Food 4 All ?

Notre idée est de lutter contre le gaspillage. Aussi, nous faisons la promotion de produits proches de la DLC grâce à notre application (disponible sur iOS et Google Play) et notre site, que se situent dans quelques points de vente. Le Pall Center leur consacre un corner, tandis que l’on peut les retrouver dans plusieurs rayons, à des endroits distincts dans les enseignes Delhaize. Nous sommes en négociations avec deux autres chaînes pour le printemps. C’est en bonne voie.

Votre projet aurait-il pu voir le jour sans les nouveaux outils digitaux ?

Oui, mais cela aurait été plus long, plus fastidieux. Les réseaux sociaux sont clairement la clé de la réussite en 2019. Ils nous permettent de créer un lien direct avec le consommateur, où qu’il se trouve.

Vous faites partie de la génération des « millenials ». Dès lors, quel est votre rapport à l’idée de hiérarchie ?

Elle existe bien sûr au sein de F4A, du fait des statuts, mais cela s’arrête là. Nous sommes cinq – bientôt six, notre premier employé va bientôt arriver – mais nous sommes tous au même niveau. Le respect est une valeur fondamentale pour nous. Je pense en effet que la hiérarchie classique n’a plus lieu d’être en 2019 ; au contraire, il a été prouvé que – pour notre génération – elle se révèle même anti-constitutive. Nous sommes une génération créative, qui avons vécu de l’intérieur l’avènement des réseaux sociaux. Facebook est né en même temps que nous !

Manager est-il une question de genre ?

J’ai remarqué que malgré la tendance actuelle à la hausse de postes de management occupés par des femmes, les parités ne sont toujours pas respectées, que ça soit dans le leadership ou le management. Il faudrait inverser cela (sourire).

De quelles qualités un bon manager doit-il faire preuve ?

La première, et la plus importante, est l’empathie. Ensuite, il doit être cadré et ordonné dans son travail pour bien driver ses collaborateurs et savoir prendre des décisions rapides. Enfin, il doit avoir le sens de l’équipe.

Avoir un réseau solide est-il une condition sine qua nonpour réussir ?

C’est fondamental. Luxembourg, encore une fois, est un pays formidable pour cela. Il y a de nombreux réseaux, hyper qualitatifs. Nous avons des événements toutes les semaines, ou presque, et, à chaque fois, nous faisons des rencontres formidables, très riches, qui nous donnent de nouvelles idées, nous ouvrent l’esprit.

Comment réussissez-vous à jongler entre vie privée et vie professionnelle ?

C’est très compliqué. Avant de lancer la société, nous étions persuadées que nous arriverions à gérer. La réalité ? On passe 80% de nos journées au bureau et on continue d’y penser une fois rentrées à la maison (rires) !

Quels sont vos projets ?

Bien évidemment, faire grandir F4A, et notamment à l’international. Une telle application n’existe pas encore telle quelle. Nous avons des pistes au Benelux, dans les pays de l’Est. Nous aimerions également la faire traverser l’Atlantique, jusqu’aux États-Unis où les chiffres du gaspillage alimentaire sont justes hallucinants. Nous sommes confiantes !

 

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