Les migrations estivales se terminent, non pas celles de la misère qui tente son va-tout, mais celles d’une société confortable qui, parfois sous les mêmes horizons, cherche « sea, sun and sex » comme le chantait Serge Gainsbourg. Mis en exergue, l’avion demeure statistiquement le moyen de transport le plus sûr.

Rédaction : Cadfael

Boeing, encore et toujours

Malheureusement, le nom de Boeing, autrefois le plus grand avionneur mondial, revient trop souvent dans les médias. « cpajournal.com », un site financier new-yorkais hautement respecté, résume en juin 2025 : « L’affaire Boeing est un exemple édifiant de ce qui peut mal tourner lorsqu’une entreprise ne parvient pas à mettre en place et à appliquer des contrôles de qualité internes rigoureux, destinés à protéger les processus opérationnels et à favoriser une culture de la sécurité. Chez Boeing, des lanceurs d’alerte ont signalé des problèmes liés aux processus opérationnels qui ont été ignorés par la direction et n’ont pas toujours été portés à la connaissance du conseil d’administration. L’entreprise n’a pas eu recours à des audits internes pour identifier et corriger les problèmes opérationnels, se fiant plutôt aux inspections de la FAA pour mettre en évidence les problèmes de sécurité sur ses appareils 737 MAX. Les avertissements des lanceurs d’alerte ont été ignorés. Finalement, Boeing a fait l’objet de poursuites judiciaires de la part des actionnaires et du gouvernement, qui ont tous deux reproché à l’entreprise de ne pas avoir pris les mesures nécessaires lorsque des défauts de production avaient été identifiés. Le 8 juillet 2024, Boeing a accepté de plaider coupable de fraude et de verser jusqu’à 487 millions de dollars pour régler les accusations selon lesquelles elle aurait escroqué les États-Unis en raison de son rôle dans les deux accidents mortels. Le 5 décembre 2024, un juge fédéral a rejeté cet accord en raison du mode de sélection prévu pour le contrôleur indépendant chargé de superviser l’amélioration de la sécurité et de la qualité chez Boeing. »

Entre-temps, en janvier 2024, lors d’un vol d’Alaska Airlines, un panneau de carlingue se détacha en plein vol. La dépressurisation révéla des masques à oxygène défectueux.

L’ordre d’inspection de la FAA

Début août dernier, la FAA américaine, institution en charge de la sécurité aérienne, émettait un ordre d’inspection pour des centaines de Boeing 737 de génération récente, entre autres certains modèles 737 MAX 8, 737 MAX 9 et 737-8200. La presse américaine précise que, lors d’inspections du fuselage, « des fissures ont été signalées dans le renfort structurel situé autour de la porte de service avant, près de la cuisine, du côté droit de certains appareils 737 de l’ancienne génération. »

La directive s’applique à 471 unités en service aux États-Unis et à 1 429 dans d’autres pays. Elle précise : « La présente consigne de navigabilité impose une inspection du revêtement du fuselage afin de recenser les réparations existantes et de mettre en œuvre les mesures adaptées à l’état du produit. La FAA publie cette consigne de navigabilité afin de remédier à la situation de danger que présentent ces produits. » La directive prend effet le 19 septembre 2026 ! <Published Document: 2026-15936 (91 FR 50698)>.

Les doutes de la FAS

On peut également y lire que la FAS (Foundation for Aviation Safety) « a demandé quelles mesures la FAA et Boeing prenaient pour s’attaquer à la cause profonde du défaut. /…/ Si un défaut structurel est suffisamment grave pour justifier l’immobilisation immédiate d’un avion dès sa détection, pourquoi l’inspection visant à détecter les défauts n’est-elle pas effectuée bien avant la date limite de mise en conformité proposée ? »

À quand le retour à la normale ?

En attendant, les incidents sur les appareils de l’avionneur américain se poursuivent. Le 10 juillet dernier, l’explosion d’un hublot sur un Boeing 737-800 (Next Generation), mis en service en 2008 par Ryanair et transféré en 2024 à sa filiale Malta Air, était provoquée, selon les résultats provisoires de l’enquête, par une pièce de moteur qui s’était détachée. Le 15 juin dernier, un Boeing 787-9 neuf de Lufthansa subissait l’effondrement de son train avant à l’aéroport de Francfort. Le 15 août, deux Boeing de Singapore Airlines ont connu des problèmes obligeant à changer d’aéronef. Le 26 août, les pneus d’un 737 de DHL prenaient feu à l’atterrissage à Los Angeles après des ennuis sur le système de freinage, selon CBS. Les enquêtes sont en cours. Des incidents du même genre émaillent les statistiques.

Voler reste le mode de transport le plus sûr de cette planète. Boeing, autrefois premier avionneur mondial, peine à rattraper le leader Airbus. Les statistiques du NTSB et de la FAS américaine le montrent : la balance en matière de sécurité penche en faveur d’Airbus.

Photo de couverture : Unsplash

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