Romance tragique et nostalgique entre deux garçons à l’orée de l’âge adulte, Eté 85, le nouveau François Ozon, est le premier film en salles auréolé du label « Cannes 2020 », avec l’espoir de ranimer la fréquentation encore timide des cinémas.

« C’est un film d’été », a déclaré à l’AFP le réalisateur, et le sortir si tôt, « c’est un geste militant, c’est important que les gens n’aient plus peur et commencent à revenir en salles. Je l’ai fait pour le cinéma, pour que la vie reprenne ».

Le 19e opus de l’auteur de « 8 Femmes » et « Grâce à Dieu » est le premier long métrage à sortir en salles avec le label inédit « Sélection officielle 2020 » du Festival de Cannes. Faute de 73e édition du festival, annulée pour cause de crise sanitaire, cette distinction a été accordée à 56 films.

Tourné sur la côte normande, sur pellicule et dans des tons chauds, Eté 85 est un récit d’initiation entre Alex (Félix Lefebvre), fils d’ouvrier qui a « la mort pour passion » et David (Benjamin Voisin), un Apollon plus sûr de lui.

Une histoire d’amour rythmée par les Cure et Taxi Girl

Le film, histoire d’amour et de deuil, est adapté d’un roman britannique d’Aidan Chambers, La Danse du Coucou, dont la lecture a marqué François Ozon dans sa jeunesse et qu’il explique avoir toujours voulu adapter. En y ajoutant la touche de tension dramatique qu’il affectionne.

« J’avais envie de quelque chose de léger, de solaire », explique François Ozon, après « Grâce à Dieu », « dont la sortie s’est faite dans un climat lourd et compliqué ». Son précédent film s’attaquait à la pédophilie dans l’Eglise, et avait fait l’objet, sans succès, d’une demande d’interdiction devant les tribunaux de la part de l’ex-prêtre Bernard Preynat.

A 52 ans, François Ozon, cinéaste prolifique qui aime à multiplier les genres, de la comédie kitsch au film historique, replonge avec ce teen-movie dans le « paradis perdu » de sa jeunesse, les années 1980, avec bandanas autour du cou, Ovomaltine au petit-déjeuner et poster de Taxi Girl au mur. L’occasion de multiplier les clins d’œil aux icônes culturelles de sa génération, de La Boum aux titres de The Cure.

À LIRE AUSSI