Le dispositif de sécurité anti-harcèlement a officiellement été lancé ce lundi soir au Grand-Duché. Onze premiers établissements partenaires l’ont déjà rejoint.

Rédaction : Margot Houget

En janvier dernier, « Ask for Angela » n’était encore qu’un concept au Luxembourg. L’initiative de lutte contre le harcèlement dans les restaurants, les bars et autres lieux nocturnes est désormais devenue une réalité. Officiellement lancé ce lundi lors d’un événement, le dispositif a été présenté par Terri Allington, fondatrice de l’ASBL Ask for Angela Luxembourg, et Hayley Crawford, qui a été la première à lancer la campagne « Ask for Angela » au Royaume-Uni. Toutes deux ont pris la parole pour dire quelques mots sur le dispositif. Voici tout ce que vous devez savoir.

Quatre questions sur l’initiative « Ask for Angela » au Luxembourg

Comment fonctionne le dispositif « Ask for Angla » ?

Terri Allington : C’est une façon discrète et simple d’obtenir de l’aide dans les bars, les restaurants ou les boîtes de nuit, en demandant tout simplement si Angela travaille ce soir ou si elle est là. Le personnel formé vous offrira alors un espace sécurisé. Il vous conduira dans un endroit à l’abri, puis vous demandera ce qu’il peut faire pour vous aider.

C’est un code simple qui permet au personnel d’identifier immédiatement qu’il s’agit d’un appel à l’aide, sans que la personne concernée ait à fournir d’explications. Dans les établissements partenaires, le personnel formé est reconnaissable grâce à des badges. Des affiches et des autocollants signalent également la présence du dispositif.

Comment ce dispositif de sécurité est-il né ?

Hayley Crawford : Il y a dix ans, en 2016. La raison pour laquelle j’ai décidé de lancer « Ask for Angela », c’est que j’ai moi-même été confrontée à des agressions sexuelles dans des lieux festifs et des clubs. L’une des choses que j’ai remarquées, c’est qu’il y avait aussi de plus en plus de rencontres en ligne à l’époque. Les gens n’en parlaient pas du tout encore, car il y avait une certaine stigmatisation. Ils allaient ensuite à ces rendez-vous, rencontraient des inconnus et, parfois, étaient victimes d’agressions sexuelles. Ensuite, ils ne les dénonçaient jamais à la police.

Enfin, la raison pour laquelle j’ai appelé ce dispositif « Angela », c’est en hommage à Angela Phillips, une femme tuée par son mari. Ma meilleure amie, à l’époque, était vraiment très proche d’Angela, et elle était dévastée. Donc, quand j’ai réfléchi à un nom sûr, « Angela » m’a semblé être parfait pour cela. Et maintenant, Angela est là, et elle aide toutes les personnes qui en ont besoin.

Pourquoi au Luxembourg ?

Terri Allington : La raison pour laquelle j’ai décidé d’amener ce dispositif ici, c’est que j’ai quitté l’Angleterre avant même qu’il ne soit créé. Et chaque fois que je retourne en Angleterre, je vois des affiches partout dans les toilettes, et je me dis que j’aurais aimé qu’« Ask for Angela » existe quand j’étais plus jeune. Et ça n’existe pas encore au Luxembourg. Ce n’est pas une critique, mais je pense simplement qu’il est nécessaire dans tous les pays du monde.

Comment le personnel des établissements est-il formé ?

Terri Allington : Les personnes qui possèdent et gèrent des bars sont avant tout là pour faire tourner leurs établissements. Elles n’ont pas forcément le temps de créer elles-mêmes une formation. Il leur suffit donc de remplir un formulaire en ligne en indiquant, notamment, le nombre d’employés qu’elles ont. La formation est gratuite et dure 30 minutes au maximum, formulaire en ligne compris. Une fois que 80 % de leurs employés ont été formés, les établissements sont invités à rejoindre l’ASBL.

Quels ont les établissements déjà partenaires au Luxembourg ?

Terri Allington : Amore Pasta Club à Luxembourg, Bazaar à Luxembourg, Café Saga, à Belval, Caribou Karaoké à Luxembourg, Kantin à Dudelange, La Familia à Grevenmacher, Liquid à Luxembourg, Mamacita à Luxembourg, Paname à Luxembourg, Urban à Belval Urban à Luxembourg. À long terme, j’aimerais aussi étendre le dispositif aux hôtels, magasins, bureaux ou établissements ouverts 24 heures sur 24. 

Photo de couverture : Unsplash

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