Après la faillite de lesfrontaliers.lu et diegrenzgaenger.lu, elle a choisi de racheter les noms de domaine et de tout reconstruire presque seule. Une reprise audacieuse, marquée par des risques financiers et techniques, portée par la conviction que ces médias restaient essentiels aux frontaliers et expatriés du Luxembourg.
Comment s’est présentée l’opportunité de reprendre cette société et qu’est-ce qui vous a donné envie de franchir le pas ?
En 2008, les sites lesfrontaliers.lu et diegrenzgaenger.lu, pour lesquels je travaillais, ont été rachetés par un groupe déjà actif dans les médias au Luxembourg. J’ai quitté l’entreprise en 2011, pressentant une issue malheureusement prévisible. La faillite a été prononcée en 2012 et les sites ont été mis en vente par la curatrice. Avec les fondateurs et d’anciens collaborateurs, nous avons fait une offre et racheté les noms de domaine.
Aviez-vous déjà une expérience dans ce secteur ou avez-vous dû vous approprier un univers totalement nouveau ?
Oui, je travaillais pour ces médias presque depuis leur création, donc je connaissais bien le secteur et ses en- jeux. En revanche, avant mon arrivée au Luxembourg, j’étais directrice d’un centre de collecte et de traitement de déchets, où je gérais une quarantaine de personnes. C’était un univers totalement différent, mais cette expérience a été extrêmement formatrice en matière de management, de prise de décision et de gestion humaine.
Reprendre une entreprise existante est très différent de la créer. Qu’est-ce qui vous a demandé le plus d’énergie ?
En réalité, nous n’avions racheté que les noms de domaine. Tout le reste était à reconstruire : la structure juridique, les sites, l’équipe, les process, les relations commerciales. Il fallait recruter, convaincre les annonceurs et relancer l’activité dans un contexte fragile. J’étais aux commandes à 100 %, avec une forte responsabilité sur les épaules.
Quelles ont été vos priorités au départ ?
Ma priorité a été de constituer rapidement une équipe motivée et compétente. J’ai recruté deux journalistes de l’ancienne structure ainsi que le commercial. Il était essentiel de repartir sur des bases saines avec des personnes de confiance, qui connaissaient déjà notre public et ses besoins spécifiques.
Quels ont été les principaux défis humains et stratégiques ?
Le premier défi a été technique. Après la liquidation, les sites n’avaient plus été mis à jour et je n’avais aucun contact avec les anciens développeurs. Nous avons dû travailler sur des plateformes instables tout en développant de nouveaux sites, préserver douze ans d’archives et récupérer près de 300 000 comptes. Chaque jour apportait son lot de problèmes techniques.
Il a ensuite fallu rassurer les annonceurs, seule source de revenus, et leur faire comprendre que la faillite concer- nait le groupe, pas les sites.
La suite de l’interview est à découvrir dans les pages de Femmes Magazine édition de mars 2026.
Photo de couverture : Arlette Zeoli



