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Dan Tanson, raconteur d’histoires

FM142-rencontre

© Anouk AntonyIllustrateur de formation devenu homme de théâtre, Dan Tanson a choisi de s’adresser au jeune public avec des spectacles à la croisée des arts. S’il aime depuis toujours raconter des histoires, aujourd’hui il nous livre une bribe de la sienne, de son théâtre de signes, d’images et de musiques.


La rencontre de Dan Tanson avec les arts vivants remonte à l’enfance. Un premier souvenir, lié à la découverte d’un spectacle de marionnettes du Bimbo Theater, qui se produisait tous les ans dans son école. «Le Bimbo Theater distribuait le matin dans la cour de récréation des petites bandes dessinées qui racontaient l’histoire du spectacle que le duo jouait l’après-midi. J’avais sept ans, je me rappelle très bien de cette émotion, de ce moment magique où la marionnette prend vie.» Ado, Dan apprend à jongler et découvre le nouveau cirque, le Cirque Plume et le Théâtre équestre Zingaro. Une vocation était née. Sauf que le lycéen, mal orienté, se retrouve dans une filière scientifique. Mais une fois son bac en poche, il prend une année sabbatique pour se préparer aux Beaux-Arts, seul compromis trouvé avec ses parents, opposés à des études de cirque. Dan dessine, prend «plaisir à utiliser des couleurs» et atterrit finalement dans une école de recherche graphique à Bruxelles. Reste que son truc à lui c’est le cirque! Ni une, ni deux, il fréquentera l’école du cirque… le soir.

A Bruxelles, Dan Tanson s’oriente vers l’illustration de livres pour enfants. A cette époque déjà, il voulait raconter des histoires. «Il a toujours été clair que j’allais créer pour le jeune public, ma sensibilité est plus proche de Pixar et des dessins animés, que des films psychologiques. Il n’y a pas vraiment de différence entre le fait d’illustrer un livre et de faire un spectacle pour enfants. Pour l’un comme pour l’autre, il faut créer une histoire, des personnages, une lumière, des images…» Sa vraie rencontre avec le spectacle vivant s’est faite au Festival mondial des théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières, à travers la Compagnie Turak, spécialisée dans le théâtre d’objets. «La marionnette traditionnelle ne m’intéresse pas. Je fais des spectacles de marionnettes contemporaines dans lesquels le marionnettiste, toujours présent, est plus performeur et acteur que manipulateur.» Son premier spectacle de marionnettes, il le montera pour son Master. Tout s’enchaîne ensuite très vite. «Après mes études j’ai tout de suite glissé dans le monde professionnel du spectacle jeune public.»

1999, retour au Luxembourg. Grande déception, bien que l’année culturelle soit passée par là. «J’ai fait le tour des théâtres avec des petits projets sous le bras. On m’a ri au nez. Personne ici n’était vraiment intéressé à faire des spectacles jeunes publics. Il y avait bien quelques music-halls montés par des professeurs ou des spectacles avec des enfants, mais tout ça était fait avec peu d’amour et sans continuité.» Dan Tanson a de suite l’idée de créer sa propre compagnie. Ainsi, avec le violoncelliste belge Michel Boulanger, il met sur pied Traffik Theater et monte, en 2001, un premier spectacle, un Chaperon rouge revisité et raconté avec des objets et de la musique live. A cette époque, seul le collectif Maskénada, notamment Claude Mangen et Serge Tonnar, manifeste son intérêt pour le projet. 2001, c’est également l’année où Dan Tanson lance le festival international des théâtres de marionnettes de Tadler.

 

Quelques années plus tard, Dan engage un partenariat avec la Philharmonie (il se dit reconnaissant à Matthias Naske de s’être investi dès le début pour le jeune public). Il met aussi la main à la pâte, en indépendant, pour le festival jeune public Traffo, qui rayonne depuis l’année du cerf bleu. «Avec Traffo, les gens ont compris que le spectacle jeune public est le champ où l’on expérimente le plus et où les formes évoluent constamment.» Après 2007, Dan choisit de rester artiste indépendant et de proposer des projets avec sa compagnie Traffik Theater, qui réunit des artistes associés comme la chorégraphe et metteur en scène Ela Baumann ou l’illustrateur Claude Grosch. Mais pas toujours facile, aujourd’hui encore, pour lui de présenter les projets de la compagnie, les institutions préférant être porteurs des projets proposés par les artistes.

Dan Tanson conçoit des spectacles à la croisée du rêve, de la magie et de l’émotion et au carrefour des arts «où celui qui écoute a une part de responsabilité». La musique y a une place essentielle, la danse aussi. Dans les années 1990, un spectacle l’a particulièrement marqué, et le décidera à intégrer de la musique live dans ses spectacles pour jeune public: Iets op Bach, d’Alain Platel avec le Collegium vocale, l’un des chœurs les plus importants de Belgique. «Mon plus grand flash. Pour la première fois, la musique classique racontait quelque chose sur moi aujourd’hui. Moi qui suis punk et aime aller m’éclater aux concerts des Beastie Boys.» Depuis, la musique classique l’accompagne. Son dernier coup de cœur? My Precious Manuscript: Fantastic Sonatas from England to Germany, par La Sainte Folie Fantastique.

Dan Tanson a aujourd’hui une belle actualité. Ici comme ailleurs. Ses spectacles sont invités dans de grands festivals et souvent primés. Dernier en date, le YEAH! Young EARopean Award a récompensé

 

Drumblebee, voyage poétique avec musiciens sur scène, conçu comme un spectacle de nouveau cirque, également reconnu à l’international en 2012 par le YAMA Award. En tournée à Washington, Vienne et Berlin, il sera en janvier prochain à l’affiche des Chrëschtdeeg au Grand Théâtre. Pour l’heure, Dan Tanson participe au spectacle Zirkus Sardam, avec le collectif Dadofonic, atelier protégé de la ligue HMC, «un travail magnifique, vraiment enrichissant». Il vient de signer la mise en scène de Volo, à découvrir en novembre au CarréRotondes alors que son Babar a repris la route. En 2014, il mettra le cap sur le festival de Lucerne, en Suisse, avec un spectacle dans l’esprit de Drumblebee.

Après quoi, Dan Tanson s’accordera une pause pour préparer de nouveaux opus. Occasion pour lui de prendre des cours de chant et d’écriture. A l’horizon: un projet folk gipsy autour de chansons pour enfants, un spectacle de poésie contemporaine pour les tout petits où, pour la première fois, il va écrire. Lui qui est jusqu’alors toujours parti d’une histoire, d’un conte ou d’un livre pour enfants et une rencontre entre musique médiévale et musique contemporaine. Dan Tanson, quadra et toujours punk dans l’âme, aime faire se rencontrer les arts lui qui a fait sienne la pensée de Jean Tinguely: «Le rêve, c’est tout. La technique, ça s’apprend».

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