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ON THE RHODES AGAIN

On the Rhodes again

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En son temps, Rhodes a abrité l’une des sept merveilles du monde avec son Colosse. Bien que la mythique statue ait disparu, la deuxième île grecque par la superficie vaut bien une escapade de plusieurs jours. Cheveux au vent, en cabriolet, voilà la meilleure façon d’arpenter les routes de ce morceau de Grèce échoué à quelques encablures des côtes turques.
A la croisée des mondes orthodoxe, juif et musulman, l’île est comme un livre d’histoire ouvert sur la civilisation européenne, des prémices du monde antique aux difficultés traversées par la Grèce contemporaine.Pas besoin de s’enfoncer profondément dans cette île du Dodécanèse pour s’apercevoir qu’elle a été occupée par de nombreuses peuplades. La ville de Rhodes, capitale de l’île éponyme, recèle, dans sa vieille cité classée à l’UNESCO, des dizaines d’églises byzantines en même temps que de somptueuses mosquées et une synagogue, le tout surmonté d’une antique citadelle (abritant le somptueux Palais des Grands Maîtres) fondée au Moyen-Âge par les chevaliers de Saint-Jean. Si l’on ajoute à cela l’acropole et les ruines antiques, on comprend pourquoi Rhodes est l’une des villes les plus surprenantes d’Europe.

Criques aux eaux turquoise

A Rhodes, le must reste cependant la vieille ville. Colorée, bruyante et animée… Pour peu que l’on se risque dans les minuscules venelles loin des grandes rues touristiques, on tombe sur des chats se prélassant paresseusement sur des murs ocres, des églises byzantines entourées d’ifs au cachet tout oriental… La mosquée de Soliman transporte le visiteur dans un autre monde. Celui de la Turquie, juste en face. Comme un morceau d’Istanbul déposé chez l’ennemi héréditaire. D’ailleurs, les boutiques de tapis et les bijoux en argent typiques de l’Orient font florès dans le quartier turc. Au sud de la vieille ville, le quartier juif est le plus typique. Les maisons sont peu ou pas rénovées, l’ambiance est restée très populaire et les monuments sont moins impressionnants. C’est là que vous vous évaderez, à des années lumière des hordes de touristes. «Avant la Seconde Guerre mondiale, explique le rabbin, Rhodes comptait 2000 Juifs. L’île, sous domination italienne, a fait les frais du régime fasciste qui a livré tous les Juifs de la ville à son allié du troisième Reich». Au total, à peine 200 personnes reviendront vivantes des camps de la mort… Un monument se charge de le rappeler aux milliers de touristes qui arpentent quotidiennement les ruelles commerçantes de la ville.
L’autre lieu incontournable de l’île, c’est le village de Lindos, à 50 km au sud de la capitale. Ses maisons blanchies à la chaux s’étalent le long d’étroites ruelles dévalant les pentes d’une colline surmontée d’une citadelle. Au sommet, de somptueux vestiges doriens ponctuent une falaise de dizaines de mètres de hauteur qui s’échoue dans la mer. De part et d’autre de Lindos, deux criques aux eaux turquoise font le bonheur des baigneurs. L’une d’elles celle d’Agios Pavios, à peine ouverte sur la mer est délimitée par une chapelle blanche, tranchant avec les eaux aux teintes paradisiaques.
Evidemment tant d’attraits rameutent les touristes qui se pressent dans les ruelles pleines de boutiques d’artisanat «authentique made in China», mais en arrivant de bonne heure ou après le coucher de soleil, la magie reprend ses droits, d’autant plus si vous vous éloignez des «grandes» artères.

Des forteresses inaccessibles

Rhodes ville, Lindos. Deux lieux exceptionnels, qui ameutent chaque année des centaines de milliers de voyageurs. Rassurez-vous, la tranquillité à Rhodes n’est pas inaccessible, bien au contraire! Il suffit de s’enfoncer un peu au cœur de l’île ou de rejoindre les côtes sud et ouest, pour rencontrer la Grèce «authentique».
D’ailleurs, des dizaines de monastères parsèment l’île. Celui de Panagia Kyra, à une quinzaine de kilomètres au nord de Lindos, bien que peu spectaculaire, offre une vue magnifique sur la côte est. Plus au sud, la route qui mène au monastère de Tharri est somptueuse: oliviers, pinèdes, arbres fruitiers, douces collines, champs de fleurs… Dommage que les incendies de 2007 aient ravagé une partie du secteur. Sur place, l’église est des plus typiques, avec des fresques impressionnantes.
Non loin de là, le petit village d’Asklipio est LE village grec par excellence. Maisons recouvertes de chaux, platanes sur la place, vieilles dames en noir… et toujours, l’incontournable église byzantine et le château sur un piton rocheux, archétype de l’île.
A l’intérieur des terres, Kritinia et Embonas sont situées dans des sites magnifiques, perchés à quelques encablures des côtes. Ce dernier est le point de départ pour l’ascension du point culminant de l’île, à 1200 mètres et est aussi la capitale viticole. A Kritinia, sur la côte ouest, le château en ruines est situé dans un cadre hallucinant: un piton rocheux qui domine de quelques centaines de mètres la fougueuse mer Egée. Des dizaines de calanques parsèment cette côte sauvage jusqu’au château de Monolithos. Situé dans un site aussi impressionnant que Kritinia, c’est là que vous trouverez les meilleurs miels et huiles d’olive, ainsi qu’une liqueur dont la recette est jalousement gardée. De ce côté-là de l’île, n’espérez pas vous baigner. La côte est «au vent» et les vagues sont impressionnantes. Plus vous roulez vers le sud, plus le paysage change: les montagnes s’émoussent, la végétation se raréfie… Au point que sur les derniers kilomètres avant l’isthme de Prassonissi, on a presque l’impression d’être dans le désert de l’Arizona, avec quelques vagues buissons qui subsistent sur une terre rocailleuse. Un peu comme si l’on roulait sur une variante grecque de la Route 66…

Grèce antique en mode panoramique

En remontant la côte ouest vers Rhodes par une route particulièrement spectaculaire, on tombe sur les ruines de Kamiros. Bâtie en amphithéâtre sur un versant hyper verdoyant, dominant la mer Egée, Kamiros comptait parmi les trois grandes cités de l’île, avec Lindos et Lalissos. La visite vaut autant que le site spectaculaire que par le très bon état de conservation des vestiges. La trilogie des sites antiques s’achève avec l’acropole de Lalissos, à quelques encablures de Rhodes ville.
Rhodes, ce sont aussi des plages paradisiaques. Outre les criques de Lindos, la côte est est émaillée de magnifiques plages de sable fin. Néanmoins, mieux vaut éviter le l’extrême nord, dénaturé par des bandes d’hideux hôtels de plusieurs étages et squattés par une clientèle déversée par centaine de milliers chaque année par des charters.
La côte ouest abrite les plus belles plages de l’île: montagnes, calanques, paysages verdoyants, panorama sur les côtes turques et les îles… Seuls inconvénients, un vent parfois fort et une mer agitée. Sur la côte est, notre coup de cœur: une superbe plage de sable fin, non loin de la très typique station balnéaire d’Hariki, coincée entre deux collines sauvages surmontées d’un côté par un temple troglodyte, de l’autre par un château. Peut-être pas la septième merveille du monde, mais l’un de ces coins découverts au détour d’une route qui font de Rhodes une île surprenante, pleine de surprises. A condition de s’y perdre, de se laisser guider par la route…

escapade en turquie

Si la ville de Rhodes a conservé son influence ottomane, elle en a perdu l’essentiel: ses habitants. Néanmoins, à moins de 15 km de l’île, la Turquie pointe le bout de ses falaises. C’est l’occasion de se plonger dans une ambiance toute orientale, en flânant notamment dans le bruyant et odorant bazar de Marmaris. Mouiller sur le littoral turc fera également le plaisir des plaisanciers et des plongeurs, face à des côtes sauvages où les montagnes ont les pieds dans l’eau. Des ferrys assurent, en saison, plusieurs fois la liaison avec Marmaris.

Infos pratiques

Y aller
Luxembourg-Rhodes à partir de 500 € AR avec Lufthansa (deux escales). 270 € AR avec Aegean au départ de Bruxelles.
Dormir
Hôtel Andreas. Pension de charme dans le quartier turc. Les chambres sont décorées par une designer américaine. Entre 50 et 120 € la double.
Manger
Taverne Niréas. Spécialités grecques à base de fruits de mer. 25 € à la carte.

 

Kévin Storme

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