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Lynn Schockmel… peintre des corps

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Sa silhouette élancée de trentenaire lui permettrait sans difficulté d’exercer le métier de modèle. Pourtant, si Lynn Schockmel prend parfois la pose pour des collègues peintres, elle préfère, et de loin, tenir un pinceau. Rarement devant une toile, devant des corps plutôt: ils sont sa source directe d’inspiration, le support de ses créations. Depuis plus de 10 ans, Lynn exerce en effet cet art singulier qu’est la peinture sur corps.

Vous êtes Body Painter. En quoi consiste votre activité?
Elle consiste à peindre sur un corps humain qui bouge, parle, interagit… A créer un visuel sur une partie du corps, un visage, un buste, un ventre de femme enceinte par exemple, ou sur tout le corps, voire sur plusieurs corps mêlés comme je l’ai fait lors de mes différentes participations à la «Painting Party» à Munich.

Pourquoi peintre sur corps et pas sur toile?
Le Body Painting c’est dynamique, immédiat, urgent, vous devez terminer votre œuvre en quelques heures. C’est pouvoir demander à sa toile — pardon, à son modèle! — un conseil. Le plaisir de collaborer avec d’autres artistes sur le même projet, Body Painters, coiffeurs, perruquiers, accessoiristes, et bien sûr les photographes qui fixent ces œuvres éphémères.

C’est justement un art éphémère. N’est-ce pas frustrant pour vous?
Non, car la photographie et les vidéos permettent de garder la trace de mes réalisations; d’éphémère, cet art devient ainsi immortel.

Choisissez-vous vos modèles comme un peintre «classique» son support?
Je n’ai pas de préférences particulières quant au modèle; un nouveau corps est un nouvel espace à explorer, à magnifier. Pour les concours et les événements commerciaux, je préfère travailler avec des modèles confirmés qui ont l’habitude du public, qui sont capables de tenir 4 à 6 heures pour se faire peindre, qui connaissent leurs limites, pour ne pas «craquer» en dernière minute, lors du passage devant le jury et le public. Cela implique une parfaite connivence entre le peintre et son modèle.

 

Le peintre ne connaît jamais ces moments-là?
Oui, naturellement! Il m’arrive parfois de bloquer, ne plus trouver l’inspiration. Je fais alors une pause. Mon compagnon m’aide beaucoup dans ces moments de doute.

Doivent-elles avoir un physique particulier?
Chaque physique a ses particularités; à moi d’en tirer parti dans la composition que j’envisage d’exécuter. Mais je l’avoue, je suis plus inspirée par les jeunes femmes minces, graciles. J’apprécie quand les seins discrets sous la peinture, presque invisibles. Avant une compétition, je fais des essais. Il n’y a pas deux filles identiques: le fait que les jambes soient fines ou musclées par exemple peut avoir de grandes répercussions sur le résultat final. Je ne peux donc jamais peindre deux fois à l’identique. C’est là une des grandes spécificités du Body Painting.

Les modèles n’ont pas de problèmes à exhiber leur nudité?
En général elles sont à l’aise avec leur corps; et puis, elles ne sont pas nues: elles portent un string et des caches-tétons. Au fur et à mesure que la peinture les recouvre, elles se transforment et deviennent des œuvres à part entière.

Vous voulez dire qu’elles disparaissent sous votre pinceau?
D’une certaine manière oui; leur corps ne leur appartient plus. Elles donnent à voir autre chose.

En quoi consiste la palette d’un Body Painter?
A un grand étalage d’objets de toutes sortes! Il y a d’abord les peintures. J’en ai toujours au moins une vingtaine à portée de main. La peinture est conçue spécialement pour le Body Painting; à l’eau, non toxique naturellement, elle s’en va sous la douche. Je l’applique grâce à des pinceaux, des éponges ou encore un aérographe. Je dispose aussi parfois de prothèses et enfin j’ai à portée de main des faux cils, perruques et autres accessoires pour finaliser mon travail.

 

Y a t-il une œuvre dont vous êtes particulièrement fière?
J’ai une préférence pour la peinture d’une femme serpent, où tous les détails s’harmonisaient de manière plutôt heureuse avec le reptile que mon modèle portait autour du cou. Elle m’a d’ailleurs permis d’être exposé à la «Gallery ML» à Philadelphia, aux Etats-Unis. Je suis très inspirée par la faune et la flore, les créatures mythiques ou des formes abstraites. En fait, tout ce qui me permet d’utiliser des couleurs vives, surtout le bleu associé à une couleur chaude, que j’adore!

 

Comment vous est venu le goût pour le Body Painting?
Depuis mon plus jeune âge.je n’ai jamais cessé de dessiner, de peindre sur toutes les surfaces, depuis les murs de ma chambre (au grand désespoir de mes parents!) jusqu’aux toiles en passant par mes cahiers de dessin. Le parcours classique, n’est-ce pas? Mon métier d’éducatrice m’a amené à pratiquer l’art du grimage sur les enfants à Carnaval, Halloween et manifestations du même genre. Pour améliorer ma technique, j’ai effectué des recherches; c’est elles qui m’ont fait découvrir par hasard le monde fascinant du Body Painting. J’ai donc cherché où je pourrais voir des artistes peindre ces créatures venues d’un autre monde, et c’est sur la compétition mondiale de Body Painting que mes recherches se sont arrêtées. En me rendant au World Body Painting Festival en Autriche, j’ai attrapé le virus! C’était il y a dix ans. Je l’ai donné depuis à mon compagnon, qui m’assiste depuis lors pendant les compétitions et fait les photos.

 

 

Y a-t-il une formation particulière en Body Painting?
Je l’ignore, mais pour ma part je suis passée par des ateliers proposés lors des concours internationaux.

En dehors des compétitions, comment exercez-vous votre art?
Les championnats sont peu nombreux. Entre deux, j’assouvis ma passion en répondant aux demandes de particuliers: j’en ai de tous types. L’épreuve de tatouage, la femme enceinte qui souhaite avoir une belle image de son ventre; dans un autre style les zombies et sorcières d’Halloween. Les plus patients me demandent de faire de leurs corps un Body Painting complet sur un thème qui leur est cher. Et bien sûr le grimage d’enfants pour transformer les plus petits en super héros, princesses ou fées lors d’anniversaires ou d’évènements familiaux. Les entreprises me demandent mes services pour créer un Body Painting avec leur logo sur des modèles, pour des foires par exemple, ou pour des visuels publicitaires.

Est-ce une activité artistique très développée au Luxembourg?
Le Luxembourg n’a hélas pas beaucoup de Body Painters qui le représente; c’est un art encore méconnu du public; c’est la raison pour laquelle j’ai déjà organisé, avec le soutien de la firme Cameleon qui crée les produits pour le Body Painting, un workshop avec comme maître de stage Yvonne Zonnenberg de Hollande. Le 17 novembre prochain, ce sera avec Lymari Millot de Los Angeles, championne du monde 2010; une belle opportunité pour découvrir un art encore confidentiel.

J’aime
L’humour et les esprits ouverts

Je n’aime pas
Se prendre trop au sérieux et la jalousie.

Dominique Sander-Emram

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