Ancienne hôtesse de l’air, elle n’a pas seulement changé de métier : elle a appris à bâtir, reprendre et transformer des entreprises dans un secteur exigeant. Depuis la création de Tartefine en 2016, cette cheffe d’entreprise a structuré sa croissance par une série de rachats stratégiques, de Bonnevoie à Gasperich, d’Esch à Limpertsberg. Boulangeries bios, pâtisserie haut de gamme, laboratoires de production, chaque reprise a marqué un changement d’échelle. À l’heure d’ouvrir une nouvelle adresse, elle revient sur un parcours fait d’intuition, de travail et de décisions déterminantes.

Comment est née l’idée de vous lancer dans cette activité ?

Je savais que je ne serais pas hôtesse de l’air toute ma vie. Après 20 ans dans l’aviation, j’avais envie de construire autre chose. En arrivant au Luxembourg, je me suis dit que c’était maintenant ou jamais. J’avais besoin d’un rapport plus direct au produit et aux gens. Dans l’aviation, tout est très normé et hiérarchisé ; je voulais quelque chose de plus concret. Le Luxembourg m’a offert un cadre rassurant pour
entreprendre. Je me suis inscrite au programme Fit for Entrepreneurship et j’y ai vu une vraie opportunité.

Quels ont été les premiers pas concrets ?

La formation, puis la création de Tartefine à Bonnevoie en 2016. J’ai tout monté seule : concept, équipe et organisation. Les débuts ont été très physiques. Je m’occupais de la vente, de l’administratif et de la gestion. Cette immersion m’a permis de comprendre chaque poste et chaque contrainte. Je voulais une boulangerie-pâtisserie de quartier avec un petit salon de thé. J’ai tenu la boutique moi-même, travaillé de nuit et appris sur le tas.

À quel moment le projet change-t-il d’échelle ?

En 2018, j’ai racheté Scott à Gasperich, une boulangerie bio. C’était ma première reprise, donc un saut dans l’inconnu. J’ai appris qu’on ne gère pas une entreprise existante comme une création : il faut respecter son histoire et sa clientèle. Nous avons fait quelques erreurs, notamment sur l’identité visuelle, mais cela m’a beaucoup appris.

Ensuite, vous poursuivez avec la pâtisserie Cayotte. Pourquoi ce choix ?

En 2022, nous avons racheté la pâtisserie Cayotte à Esch et à Pétange, une maison réputée pour sa pâtisserie haut de gamme. Il était hors de question de changer le nom. Cette reprise a marqué
un tournant avec la création d’un grand laboratoire conventionnel à Esch.

« Tous les ans, je dis que j’arrête. Et tous les ans, de nouvelles idées arrivent. »

Comment s’est structurée la production ?

Aujourd’hui, nous avons deux sites de production : un laboratoire conventionnel à Esch et un laboratoire bio à Gasperich. Toute la production est centralisée, puis livrée quotidiennement. C’est une organisation lourde, mais indispensable pour garantir la qualité et la traçabilité. à oreille et aux rencontres. Mais surtout, j’ai aujourd’hui une structure suffisamment solide pour envisager une ouverture sans précipitation. Avec les équipes en place et une production centralisée, je peux penser un lieu dans la durée. Ce projet répond aussi à un manque identifié au Limpertsberg : un endroit chaleureux où l’on peut s’installer, travailler, discuter ou venir avec des enfants après l’école.

La suite de l’interview est à découvrir dans les pages de Femmes Magazine édition d’avril 2026.

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