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On aurait voulu que la Bohème dure tout l’hiver

Pour quiconque n’est pas coutumier de l’opéra, nul doute que La Bohème soit une manière des plus aisées de s’y adonner…

Inspiré par le roman d’Henri Murger Scènes de la vie de bohème, Puccini en a tiré une pièce en quatre tableaux, et fait entrer les spectateurs dans le quotidien de Rodoflo, Marcello, Schaunard et Colline, quatre artistes parisiens sans le sou, avides de fêtes, de beauté d’amour. Si Marcello se morfond pour les beaux yeux de Musetta, le cœur de Rodolfo, lui, ne fait qu’un bond, lorsqu’il rencontre Mimi, que l’on devine hélas très rapidement promise à une mort certaine. Fulgurance d’un amour, vie qui passe à une vitesse vertigineuse, rythmée par les saisons, mais également glorification de l’épicurisme, ode à la bonne chaire et aux plaisirs de la chair, La Bohème est en premier lieu un joli conte de Noël auquel la mise en scène de Waut Koekn rend hommage, à grand renfort de neige, qui vient encore accentuer l’aspect féérique de cet opéra.

Le très jeune – il est né en 1975 – Waut Koekn livre ici une interprétation tourbillonnante et foisonnante qui nous plonge dans quatre tableaux parisiens, un peu comme l’on plonge dans les tableaux à la craie de Bert, dans Mary Poppins. Et puisqu’il est question de tableaux, soulignons la récurrence du motif de la toile, véritable leitmotiv, se métamorphosant au gré des tableaux. Tour à tour, la toile devient table, mur, ou tête du lit dans lequel Mimi poussera son dernier soupir. Dans son introduction, Stéphane Gilbart, des Amis de l’opéra, souligne que La Bohème est un opéra de leitmotiv. Ainsi, l’on retrouve chaque tableau, comme un fil rouge, les toiles, la nourriture, le temps qui passe… autant de motifs qui assurent la fluidité de l’intrigue, dans ces historiettes qui s’entremêlent.

Dès les première minutes, l’effervescence captivante et la fouge des personnages vous emporte, exhortée par des chanteurs, encore méconnus du grand public, et dirigés avec vivacité et entrain par le jeune chef belge Karel Deseure, mais dont l’interprétation authentique vous touche droit au cœur.

La Bohème de Waut Koekn oscille entre la féérie d’un Casse-Noisette, l’amour tragique d’une Dame au Camélias d’Alexandre Dumas (fils) et le joyeux bordel fin de siècle d’un Moulin Rouge revu et corrigé par Baz Luhrmann. C’est vif, joyeux, coloré, drôle, poignant et sensible. Beau.

Luxembourg, Grand Théâtre de la Ville, les 20 et 22 décembre à 20h

www.theatres.lu

 

Crédit photo: ©Opera Zuid

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