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Godefroy Gordet : « Beaucoup de personnes ont même fini par m’appeler Witold »

Passionné de théâtre depuis ses plus jeunes années, Godefroy Gordet, signe sa seconde pièce, Witold, qui sera présentée en avant-première les 7 et 8 février prochains. Nous sommes allées lui poser quelques questions.

  • Le théâtre, c’est une chose qui vous anime depuis combien de temps ?

Depuis toujours!Jj’ai grandi avec lui. Ma mère m’emmenait régulièrement au théâtre et j’ai intégré des ateliers amateurs quand j’étais enfant. Au lycée, j’ai passé mon bac avec une lourde option théâtre, ce qui m’a conforté dans le fait de continuer dans cette voix. Ensuite, j’ai intégré l’Université de Lorraine des Arts du Spectacle et de la Culture : j’en suis ressorti diplômé d’une Licence en Arts du spectacle, puis j’ai continué avec un Master en mise en scène à la Sorbonne et enfin un second Master en Arts de l’exposition et scénographie à Metz.

  • Qu’est-ce qui vous a inspiré pour inventer Witold ? Est-ce qu’il y a un peu de vous au final ?

Witold est né d’un projet, lorsque j’étais scénographe au festival Passages de Metz en 2012. Pour les besoins du concept, c’était à moi d’incarner ce personnage et a fortiori je suis devenu le personnage moi-même. Beaucoup de personnes ont même fini par m’appeler Witold.

Lorsque j’ai eu l’autorisation du festival pour reprendre ce projet au théâtre du Saulcy, j’ai développé sa vie, ses anecdotes, et finalement je lui ai écrit une biographie complète. Malgré l’histoire complétement fictive, il y a beaucoup de moi dans le sens où il y a des scènes qui font appel à ma propre enfance, mon rapport avec mes parents, comment je les voyais en étant petit et comment je les perçois maintenant.

 

© Romain Ravenel

 

  • À force de s’approprier un personnage, pensez-vous que l’on devient un peu comme lui au quotidien ?

Bien évidemment, Cyril Chagot a un degré d’appropriation monstrueuse. Le texte, je l’ai écrit en partie en pensant à lui parce que je savais déjà que je le choisirai. Cyril a dû adopter ce personnage, trouver des références et je pense qu’il est complétement habité par Witold aujourd’hui.

  • De quel autre personnage théâtral pourrait-il s’approcher ?

Il y a beaucoup d’Antonin Artaud dans ce personnage, un ami m’a fait remarquer qu’il y avait un peu de Jerzy Grotowski. Pour le décor de l’atelier, le lieu de vie principal de Witold, il y a des références à Tadeusz Kantor. Au-delà de tout ça, je me suis beaucoup intéressé aux gens de « la vie de tous les jours », des choses que l’on voit dans la rue. Il y a cette grosse référence aux personnes qui ont leur vie derrière eux entre guillemets, avec un passé et des souvenirs.

 

© Claude Somot

 

  • La mort vous fait-elle peur ?

Je pense qu’il faut atteindre un niveau de sagesse assez important afin de ne plus la craindre. Même si je n’y ai pas réfléchi énormément, je la redoute. C’est l’inconnu pour nous, il est donc normal que nous la questionnions autant.

  • Finalement, que reste-t-il de nous après notre mort ?

La pièce parle essentiellement des souvenirs et donc d’un héritage de ce qu’il reste des personnes après qu’elles soient parties. Surtout à notre époque, nous avons cette vague d’immigration qui rappelle celle d’il y a trois, quatre siècles de cela et même d’autres plus récentes. On oublie trop vite d’où l’on vient, qui était là avant et qui sera là plus tard. J’avais pensé ainsi prolonger le projet autour de la famille peut-être, comment on parle de ceux qui étaient là avant nous, c’est peut-être ça notre héritage.

Un seul mot pour décrire Witold ?

Fou. Mais pas au sens négatif du terme, il a cette folie heureuse on peut dire.

  • Pourquoi devrions-nous venir voir cette pièce ?

Pour voir une superbe performance d’acteur, Cyril fait un travail impressionnant, il tient plus d’une heure tout seul sur scène et c’est un monologue assez compliqué. Nous essayons également de faire un théâtre relativement accessible qui peut correspondre à beaucoup de gens, l’idée n’est pas de contenter le public mais de le faire réagir à notre travail. Il provoque des choses, une sensibilité artistique et humaine, qu’on apprécie ou pas.

 

WITOLD (KANOWICZ)

Les 7 et 8 février 2018, en programmation officielle du Théâtre du Saulcy, Espace Bernard Marie Koltès de Metz.

 

À voir également :

Un canular radiophonique lors du festival Passages, autour de Witold Kanowicz. Pretextant que son petit fils Milosz Kanowicz était venu parler du travail de son grand-père.

 

 

 

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