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Myriam Schmit « saisissez les opportunités de la vie et restez fidèles à vous-même »

Indépendante, Myriam est la fondatrice de MSDESIGN by myriamschmit. A peine sortie de l’université, elle le savait. Un jour, elle serait à la tête de sa propre entreprise. Qu’importe l’investissement, il le fallait.

Aujourd’hui, seule et unique interlocutrice de ses clients, elle fait preuve de performance pour s’épanouir. De la persévérance et du positivisme, telle est a été la clé de sa réussite. Nous l’avons rencontrée pour vous.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ? 

Je suis sortie de l’ENSBA Nancy, département design industriel, en mai 1994 et en septembre de la même année, j’ai créé ma première société ABC DESIGN sàrl, au Luxembourg. C’était une opportunité. Mon mari était revenu au Grand-Duché, je l’ai donc suivi dans mon pays natal. Sans cela, mon parcours aurait été probablement différent.

J’ai toujours voulu être indépendante et je me suis lancée dès la sortie de l’université. Il faut dire que, pendant des années, j’ai fait des stages dans des entreprises, ministères, banques afin de voir ce que serait mon métier en tant qu’employée. Je me suis vite rendu compte qu’en tant que femme/maman, la carrière pourrait être bousculée et je ne voulais pas devenir malheureuse à 45 ans, parce que je n’avais pas réalisé ce rêve tout à fait réalisable. Le jonglage entre vie professionnelle et vie familiale n’était jamais facile. Il faut dire qu’à cette époque (1994), une « bonne épouse luxembourgeoise » qui ne travaille pas était la norme, j’ai dû me battre à ce niveau. Mon mari m’a toujours soutenue et je lui suis très reconnaissante !

Très vite, le Lycée des Arts et Métiers a fait appel à moi pour donner des cours aux « Beaux Arts ». J’ai travaillé en tant que consultante pour des projets de sensibilisation en matière de design pour Luxinovation, j’étais donc dès le départ « multitasking ».

Comment s’est déroulée la création de MSDESIGN by myriamschmit ?

Il faut d’abord dire qu’entre 2002-2005 j’ai abondonné ABC DESIGN pour devenir responsable communication et marketing international auprès d’une société d’assurances-vie. Je pensais que travailler à un niveau « européen » serait un nouveau défi à explorer. Je suis tombée enceinte de ma deuxième fille, mon mari travaillait en tant que réviseur d’entreprises et mes journées de travail n‘avaient pas de fin. J’ai donc dû arrêter cette mission et je me suis remise à mon propre compte, mais cette fois-ci en tant qu’indépendante sous le nom MSDESIGN by myriamschmit. Cette dénomination est très simple et logique : mes clients faisaient du bouche à l’oreille « Va chez Myriam, elle sait te conseiller ; Myriam peut te trouver une solution, etc. ». Il ne fallait donc pas avoir de nom artificiel, mon nom est devenu le nom de mon bureau.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans la création de MSDESIGN by myriamschmit ?

En 2005, me lançant en tant qu’indépendante, je n’avais plus trop de problèmes. J’avais déjà une expérience de créateur d’entreprise et les années en tant que responsable marketing international étaient une bonne et dure école. Il restait le problème de la gestion vie professionnelle – vie familiale. Avoir deux petites filles et un mari-réviseur et le restart de mon indépendance professionnelle était un challenge. Mais je suis bosseuse, j’ai beaucoup d’énergie, de persévérance et de volonté. Si je veux arriver à quelque chose, j’y arrive en travaillant !

De quels soutiens avez-vous bénéficié ? Quels soutiens auriez-vous souhaités ?

A l’époque, je ne sais même pas s’il y avaient des aides financières. L’esprit des aides pour une start-up était très loin ! Mais mon esprit d’indépendant ne m’emmène pas à demander des aides pour mon travail.

En fait, des places gratuites dans les crèches, comme c’est le cas aujourd’hui, grâce à une ministre comme Mme Corinne Cahen, m’auraient aidée. Je vous avoue que je n’ai jamais osé faire le calcul de combien me coutaient les crèches et la garde des enfants, par rapport à ce que je gagnais. Je voulais combiner les deux et je n’avais pas le choix. Il fallait y passser ! Les crèches étaient plus rares, les heures de garde moins flexibles, les maisons relais se créaient peu à peu.

Et puis, ces remarques du genre « toi en tant que patron, tu peux te libérer quand tu veux, tu restes à la maison quand les enfants sont malades, tu fais tes courses pendant les heures de travail… » Quelle méchanceté !

Mon patron est mon client : il me paie et il demande que le travail soit fait professionnellement pour le jour J. Je ne vais pas lui raconter que mes enfants étaient malades et que je n’ai pas dormi. J’ai donc choisi d’installer un bureau dans notre maison familiale afin que je puisse commencer à travailler à 5 heures du matin pour faire des devis, des factures, des rapports. Ensuite après le petit-déjeuner familial,je m’occupas de mes rendez-vous clients ou fournisseurs. De retour au bureau, je m’attelais aux créations, etc. Et le soir, une fois les enfants couchés, je poursuivais mon travail jusque tard le soir. Oui et entre tout cela, j’avais trouvé le temps d’aller acheter du pain ou pour m’engager au Lions Club, car l’engagement social me tient à cœur.

Quelle a été votre plus grande réussite professionnelle ?

Cela dépend de la définition de « réussite » : est-ce la réussite financière ? ou le prestige du projet ? ou bien les retombées d’une commande ? Ma réussite c’est l’ensemble que j’ai fait à ce jour : être indépendante, libre dans mes choix, mère de famille et épouse, membre du Lions depuis 20 ans et m’engager pour les démunis de notre société, experte pour la EBRD et faire de la consultance dans des entreprises, coach du projet « mini-entreprises » et devenir gagnant national, être tuteur bénévole dans le programme M-Pro J » et transmettre mon savoir, mes expériences à des jeunes et, depuis quelques moins, faire partie du Conseil d’Administration de la « Philharmonie »… Cet ensemble est ma réussite et non un seul projet. Bien que les éléphants en ville restent un beau souvenir et beaucoup de gens me posent encore des questions sur ce projet, car il reste visible et il touche les gens.

Quels sont vos prochains challenges ?

Je ne sais pas ce que ma vie m’apportera. C’est le plus fantastique dans ce que je fais : je ne sais jamais qui me contactera aujourd’hui, quelle aventure est en train de se préparer. Je suis ouverte pour de nouveaux challenges et je suis libre de choisir ce que je veux accepter. Ou non. Ceci me convient, je serais une très mauvaise fonctionnaire avec un parcours prescrit.

Lorsque l’on est cheffe d’entreprise, le fait d’être une femme est-il un frein ou un atout, selon vous ?

J’ai fait des études de design industriel et en 1994 je suis sortie en tant que seule femme diplômée de ma promotion. Pendant des années, j’étais la seule femme lors de réunions de travail. Il faut dire qu’à l’époque en tant que jeune maman, j’avais droit à des remarques du genre  » être patron et maman, le client n’apprécie pas, une femme dans votre position n’est pas mère de famille ». Le plus grave dans tout cela ? Ces remarques venaient toujours de la part de femmes ! Aujourd’hui, je me rends compte que ces femmes étaient malheureuses. Mes clients m’engagent parce qu’ils apprécient mon savoir-faire, mes connaissances du marché, ma créativité, ma proactivité et ma loyalité.

Quelles sont les forces que doit posséder un chef d’entreprise ?

Déjà, de la force ! Et puis un beau mélange entre persévérance, engagement, responsabilité et positivisme, le tout mélangé avec du charme, de l’empathie et de l’humanité. A travers les années, j’ai rencontré des gens avec un vrai esprit d’entrepreneur, ça ne s’apprend pas, c’est inné !

Avez-vous un modèle ?

C’est une question que l’on me pose souvent. Non, je n’ai pas de modèle particulier. Je m’inspire de gens positifs qui se battent, qui apprennent en continuant sur leur chemin, qui sont humains, intelligents et qui se respectent et respectent les autres.

Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui veulent se lancer dans l’entreprenariat ?

Qu’elles se mettent en question pour savoir si elles le désirent vraiment ! Qu’elles se renseignent sur l’ensemble de cette « idée ». Elles peuvent faire appel à la FFCEL ou au BNI pour se créer son réseau, c’est une des choses les plus importantes de ce temps. Qu’elles ne se fassent pas blinder par tous ces « CEO et founder » qui, juridiquement, sont des indépendants ou gérants d’entreprise.Soyez fières de ce que vous êtes ! Je n’aime pas le tape à l’œil, je suis très terre à terre et réaliste. Mais surtout, saisissez les opportunités de la vie et restez fidèles à vous-même.

 

Sabrina Pontes

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