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Marie de Decker : « L’art et le commerce sont difficiles à mêler, lorsque l’on est seule à la barre »

Artiste talentueuse et passionnée, Marie de Decker avait toutes les clés en main pour réussir. Il ne lui manquait l’audace. Une rencontre, parfois, peut tout changer. C’est ainsi qu’une rendez-vous professionnel providentiel lui a donné les ailes pour se lancer dans l’aventure de l’entreuprenariat. Grâce à ces 15 minutes qui ont radicalement changé le cours de sa vie, Marie de Decker vit aujourd’hui de sa passion.

Rencontre avec une esthète.

S’il n’y avait qu’une seule chose à retenir de votre parcours, ce serait ?

Ma passion pour l’Art et l’Humain

Avez-vous des regrets ?

Ce qui me guide, avant tout, c’est la création. L’acte créatif me permet de capturer une émotion, une lumière, une sensation. C’est une grande satisfaction de m’investir au meilleur de mes capacités artistiques, techniques et intellectuelles pour un projet.

Ce qui est compliqué, lorsque l’on est cheffe d’entreprise, c’est la partie commerciale. Cela demande du temps et beaucoup d’énergie. L’art et le commerce sont difficiles à mêler, lorsque l’on est seule à la barre. Mon seul regret serait de ne pas pouvoir toujours consacrer mon énergie et mon temps à la création pure et de devoir me préoccuper comme toutes les cheffes d’entreprise de choses moins drôles comme la gestion administrative au quotidien.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la photographie votre métier ?

J’ai fait des études d’Art Appliqués et de théâtre. Après mon BAC, je suis passée par l’Académie Royale des Beaux-Arts. Mon projet était d’introduire les arts plastiques et visuels dans l’espace public. J’avais des idées très conceptuelles et très peu de maîtrise techniques, du coup, j’avais l’impression de tourner en rond. À 18 ans, je me suis imaginée dix ans plus tard sans travail ni projet concret (mon pire cauchemar) ! Du coup, j’ai étudié la photographie qui me semblait offrir un bon équilibre entre la maîtrise d’une technique et la création artistique et, pour être tout à fait autonome, le graphisme. Ce qui me permettait à l’aube de la naissance des réseaux sociaux d’être autonome dans mon travail artistique et dans ma communication.

J’ai commencé par travailler dans les salles de concert, pour être confrontée aux conditions les plus difficiles en photographie. Beaucoup de monde, peu de lumière, des horaires impossibles… Mon but était d’avoir une solide expérience professionnelle et un super book à présenter à une agence. La première à laquelle je me suis présentée m’a engagée, avant même que je reçoive mon diplôme de fin de cursus!

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer en tant qu’indépendante ?

Alors que j’étais salariée comme photographe, je suis allée photographier un chef d’entreprise dans ses bureaux. Après une séance de 45 min. et suffisamment de bonnes photos, il lui restait 15 minutes « vides ». Il m’a posé la question suivante : « Vous êtes indépendante ? » J’ai regardé mes pieds, en marmonnant que non car j’avais trop peur de me lancer et de rater. Alors ce Monsieur m’a raconté son parcours, ses échecs, les risques qu’il avait dû prendre pour réussir à monter sa boite et, d’après lui, les clés du succès… C’était une discussion sincère et enrichissante.

Lorsque je suis rentrée chez moi, j’ai tapé le nom de ce sympathique monsieur sur Google et j’ai découvert qu’il était le CEO d’une multinationale qui pesait plusieurs centaines de millions d’euros. Quelques semaines plus tard, je donnais ma démission, je recevais mes autorisations d’établissement, mon numéro de TVA et emménageait dans mon studio photo à Bertrange. Je n’avais plus peur.

Racontez-nous une journée-type ?

Je commence ma journée par coiffer mon fils, il a la même chevelure que moi, mais en blond (rires) !

Je commence ma journée par une photo portrait Business à 9h au Kirchberg, puis une conférence de presse à 10h, à la Gare. Je retouche sur la volée mes photos de la matinée. À midi, j’aime déjeuner avec une copine si elle est libre. Leurs agendas de « ministre » ne le permet pas toujours… J’enchaîne avec une séance photo de famille en studio, puis j’achève ma journée par un reportage de fête du personnel pour une entreprise.

Qu’aimez-vous le plus dans votre métier ?

La beauté des émotions capturées, rencontrer des personnes passionnantes, et le rythme soutenu. Je suis une photographe qui a la chance de compter des clients fidèles et avec de très chouettes projets. Du coup, en 2017, j’ai réalisé quelque 307 séances photos, ce qui représente pour moi un beau challenge, quand on sait que je suis partie de rien.

Être une femme quand on est cheffe d’entreprise : est-ce un atout ou un frein ?

C’est un super atout, enfin on n’est plus obligées de se cacher !

Existe-t-il un « management féminin » selon vous ?

Non, je ne pense pas. Je crois que chaque personne est unique et qu’il existe autant de manières de manager qu’il y a de managers.

De quelles qualités faut-il faire preuve pour être un bon chef d’entreprise ? Un bon manager ?

Le monde est cruel et change très vite. Je pense qu’il faut être malléable et ouvert au changement. La réactivité est un maître mot. L’amour du service est aussi très important. En effet il faut aimer ce que l’on donne à ses clients et il faut aussi aimer le fait de le donner. L’amour de son produit, l’amour de le produire et de le vendre.

Votre métier demande une certaine proximité avec les gens. Comment gérez-vous l’humain ?

J’aime l’être humain. Je rencontre énormément de personnes, chaque semaine. J’aime prendre le temps de discuter (quand je l’ai), d’apprendre sur la vie des autres et sur leur travail, souvent si différent du mien. Je prends un réel plaisir à partager ma créativité et à la voir transparaître sur les visages des personnes dans mes photos.

Je me souviens de chaque visage photographié. Encore hier, j’ai reconnu, par hasard, une personne que j’ai prise en photo en 2015, ce qu’elle m’a confirmé. Peut-être que le disque sera saturé un jour, on verra bien… (rires)

Comment concilier vie professionnelle et vie personnelle lorsque l’on occupe un poste à responsabilités ?

Le plus difficile, dans mon métier, ce sont les horaires. J’ai la chance d’avoir une famille conciliante et un mari disponible ! Lorsque je ne travaille pas je mets un point d’honneur à passer ce temps libre avec ma famille. Chaque année, durant une semaine, je me déconnecte de tout, téléphone, Internet… Et profite simplement de la vie avec mes proches… et mon appareil photo!

Quel conseil donneriez-vous aux femmes qui veulent se lancer dans l’aventure de l’entrepreunariat ?

De bien préparer leur projet, de se constituer un matelas financier, car cela leur permettra d’avoir moins la pression et moins peur de l’échec en débutant.

 

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