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Jean-Michel Gaudron: Chroniques en marge du quotidien

femMag decembre 2011-89

Côté public, côté privé, l’écriture est pour Jean-Michel Gaudron une passion. Journaliste, rédacteur en chef de paperJam depuis 2007, il fait aujourd’hui ses premiers pas en littérature avec la sortie de «Tourments». Rencontre matinale sur notes d’humour, en toute convivialité.

 

Une fois n’est pas coutume. Habitué depuis des dizaines d’années à mener rondement ses interviews, Jean-Michel Gaudron passe cette fois devant «le micro». La raison: il publie un 1er recueil de nouvelles. Un nouveau jalon dans sa vie de plume, alors qu’il vient de fêter ses 41 ans. Rien ne le prédestinait d’ailleurs vraiment au journalisme, si ce n’est son amour des mots depuis sa tendre jeunesse et les encouragements de sa mère et de sa prof de français au collège. A la littérature, il est venu tardivement, un peu par hasard, un peu par jeu. Le déclic: une visite, il y a 3 ans, chez son oncle qui venait de gagner un concours de nouvelles. L’idée fait son bonhomme de chemin. Et voilà Jean-Michel Gaudron qui s’inscrit à un concours lancé par la maison d’édition indépendante PGCOM (Aquitaine). Il est un des 10 lauréats… sa nouvelle, «La porte», est publiée en 2009 dans l’ouvrage collectif «Voyages aux frontières du réel».

Encouragé, il continue d’écrire, participe à des concours, contacte d’autres maisons d’éditions. Mais pas facile en France pour un jeune auteur de publier des nouvelles! 2 ans plus tard, une vingtaine de textes dans ses tiroirs, Jean-Michel Gaudron relance PGCOM. Parallèlement, Franck Lamaison, autre lauréat de «Voyages aux frontières du réel», faisait la même démarche. Et c’est finalement, en début d’année, que le projet prendra forme, la maison d’édition ayant mis en relation les 2 auteurs pour tricoter un ouvrage commun. En ressort «Tourments»*, recueil de 20 nouvelles (10 de chaque auteur) qui révèlent une même approche. Fil rouge: «jamais de happy end, une issue négative sinon fatale». Aussi différentes les unes que les autres, les nouvelles de Jean-Michel Gaudron se présentent comme autant de petites chroniques «ancrées dans la vie courante». Des histoires familières qui pourraient arriver à tout un chacun, avec au final un événement imprévu qui fait que tout à coup la vie bascule.

«Il n’y a pas de référence à des lieux précis, les histoires peuvent être transposées d’un lieu à l’autre» souligne Jean-Michel Gaudron. Légères, graves ou drôles, les nouvelles véhiculent les valeurs humanistes de leur auteur, comme dans «Polychrome», «Enraciné» ou «Le vestiaire». Son style? Il se présente lui-même comme «un obsédé textuel» et se dit «assez bavard de la plume». Il aime les mots, joue avec, mais toujours avec précision («utiliser le bon mot au bon endroit, parfois une simple virgule peut changer le sens d’une phrase») et une certaine rigueur qu’il associe volontiers à ses études scientifiques («6 ans de physique-chimie, incontestablement ça donne une logique dans la réflexion et ça structure les pensées»). Quant à sa concision, elle lui vient du journalisme. Par contre, peu de croisements entre son travail professionnel et ses nouvelles. «Le monde économique et financier n’est pas spécialement source de choses étonnantes, ça reste assez carré». Le quotidien l’inspire, une phrase ou une idée glanée aux hasards de la vie…

Jean-Michel Gaudron a définitivement choisi la nouvelle, «un format plus naturel pour moi», comparant le roman à un marathon, la nouvelle à un sprint. Il en connaît d’ailleurs un rayon en matière de sport. Une passion qu’il cultive depuis longtemps (le foot et le badminton), un terrain qu’il a eu la chance de fouler pendant 10 ans en tant que journaliste (pour «L’Equipe» notamment) et qu’on retrouve aujourd’hui dans «Tourments» à travers la nouvelle «99 yards». L’écriture reste pour Jean-Michel Gaudron avant tout un plaisir et un loisir. Il écrit sans contrainte ni pression, à un rythme irrégulier, surtout pendant les vacances. «Une belle récréation pour l’esprit, les articles économiques et financiers autorisent très peu de liberté. Pouvoir de temps en temps, écrire ce que l’on veut comme on veut, c’est le bonheur. Si je devais être privé d’écriture, quelle qu’elle soit, je serais très malheureux». De musique aussi d’ailleurs. Il aime «écrire en musique». Ses goûts sont éclectiques: du rock au classique en passant par la chanson d’auteur. Ses derniers concerts: Thiéfaine à Bercy et Santana à la Rockhal…

Si Jean-Michel Gaudron a peu parcouru le monde, en revanche il n’a cessé de déménager. Surtout pendant l’enfance au gré des déplacements de son père, militaire. Né à Trèves, il a quitté la ville à 2 ans et demi («pas de souvenir, pas de nostalgie») pour sillonner la France. En 1987, après 7 déménagements, il est de retour dans la Grande Région. A Metz pour ses études et, en parallèle, faire ses 1ères armes dans le journalisme (sur le terrain, exclusivement). «J’ai eu de la chance de piger pour l’Est Républicain, à l’époque un petit bureau. Il y avait plein de choses à faire, j’ai vite progressé, travaillé pour la locale et les sports». De pige en pige, tout s’enchaîne et Jean-Michel Gaudron rejoint les ondes comme correspondant à Radio L («je me levais à 5h du matin pour les infos») puis à Radio France… Au terme de ses études, il quitte une fois pour toute les sciences, devient journaliste freelance et obtient sa carte de presse. «J’ai la chance d’avoir un parcours assez linéaire même si je n’ai pas choisi la voie de la facilité en étant journaliste indépendant». Tout roule bien professionnellement parlant. Et c’est par hasard qu’en 1997 il entend parler d’un poste vacant à la rédaction d’Agefi Luxembourg (à l’époque, pour lui, «le pays de l’essence pas chère»). Il y restera 5 ans avant d’être appelé en 2001 par Mike Koedinger. Ce n’est pourtant qu’en 2008 qu’il s’installe au Grand-Duché. «Après 12 ans comme frontalier, je suis maintenant un vrai résident et je pourrai voter aux prochaines élections communales!» lance-t-il avec humour.

D’autres projets? 2 romans, déjà en gestation «avec un peu plus d’éléments de ma vie professionnelle, des thématiques plus familières». Il se réjouit aujourd’hui de la publication de «Tourments». «C’est formidable d’avoir 10 textes qui sortent au grand jour. Ça me donne encore plus envie d’écrire». Mais, pour l’instant, pas de «plan de carrière littéraire» à l’horizon plaisante-t-il. Jean-Michel Gaudron aime son métier et l’écriture est un plaisir quotidien. «Je ne me considère pas comme un journaliste économique et financier mais comme un journaliste. C’est avant tout une profession». Et une passion!

Karine Sitarz

Questions à la volée

Un livre de chevet: «Fahrenheit 451» de Ray Bradbury

Une rencontre: Gast Waltzing. Parler musique avec lui est un enchantement.

Une destination: Irlande, Ecosse, Bretagne… les paysages celtes que je connais peu.

Un rêve: l’abolition de la bêtise humaine dans le monde.

Un coup de gueule: l’intolérance, les gens qui condamnent sans essayer de comprendre.

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